Afrique du sud

Scène locale

Le secteur des arts visuels en Afrique du Sud se caractérise par une scène foisonnante dont les origines sont à rechercher dans le contexte historique si particulier du pays, le dynamisme du secteur privé et la qualité des formations.La période de l’apartheid est celle d’un formidable repli sur soi de la scène artistique sud-africaine. Censure, formations réservées à une élite blanche, très peu de dialogue avec la scène internationale…

De nombreux artistes n’ont eu d’autres possibilités que de s’exiler (Gérard Sekoto, Ernest Mancoba, Thami Mnyele…). D’autres, peu nombreux et blancs pour la plupart, ont fait oeuvre de leur lutte contre cet environnement extraordinairement difficile (Roger Ballen, William Kentridge, Jane Alexander, Sue Williamson mais aussi Santu Mofokeng, Pat Mautloa ou Sam Nengethlwa…).

Le début des années 90 et la fin de l’apartheid libèrent les énergies créatrices. Partout des artistes essaient, inventent, s’ouvrent. Il s’agit de se confronter au passé, au présent, à la société, à ses maux, à ses espoirs…Deux biennales d’art contemporain en 1995 et 1997 à Johannesburg bouleversent le secteur, posent les questions de l’art et son rapport à la société et achèvent de lancer ce mouvement foisonnant que l’on connaît depuis. Pour autant, leur fréquentation par le "nouveau public" ne rencontre pas le succès souhaité par les autorités ; elles ne seront pas renouvelées.

Entre des formations de bonne qualité et un secteur privé qui s’occupe efficacement des artistes reconnus, il est logiquement nécessaire de trouver des organisations qui donnent les moyens aux jeunes artistes de travailler, de s’exprimer, « d’émerger ». Cette étape essentielle est assurée tant bien que mal par quelques initiatives privées, généralement collectives. Le soutien public qu’elles reçoivent est le plus souvent minime et se fait au projet. Elles bénéficient parfois d’un espace mis à disposition par la ville, au mieux avec l’obligation de prendre en charge les frais d’entretien, le plus souvent contre un loyer raisonnable. Elles sont également soutenues par des agences culturelles étrangères comme le Goethe Institut, la fondation Pro Helvetia et bien évidemment l’Institut Français. Par ailleurs quelques initiatives intéressantes en matière de nouvelles structures, toutes privées, ont vu le jour récemment en Afrique du Sud.

Rédacteur : Laurent Clavel, directeur Institut Français d’Afrique du Sud

Contact : P.O. Box 542, Newtown 2113, RSA 66 Margaret Mcingana street, Newtown

Tél : +27 11 836 0561 Fax : +27 11 836 5850

dir@ifas.org.za www.ifas.org.za

 

Echanges internationaux

Au-delà de la « locomotive » William Kentridge, de nombreux artistes sud-africains sont présents sur la scène internationale. David Goldblatt, Santu Mofokeng, Marlene Dumas, Lolo Veleko, Candice Breitz, Jane Alexander, Pat Mautloa, Roger Ballen, Mikhael Subotzki, Johannes Pokhela, Andrew Tshabengu, Jodi Bieber, etc.

Ils sont aidés par les meilleures galeries commerciales sud-africaines qui effectuent un travail de promotion à l’étranger en lieu et place des autorités publiques. Il est vrai que ces galeries se retrouvent souvent dans l’obligation d’assurer cette promotion car la Goodman Gallery ou la Michael Stevenson Gallery, par exemple, réalisent la majorité de leurs ventes à l’étranger et/ou pour des clients étrangers.

On a ainsi vu récemment la Michael Stevenson Gallery participer avec succès à Paris-Photo ou encore la Goodmann Gallery à Art Basel Miami Beach, à la Biennale de Venise ou encore participer au projet Sphères au Moulin en Seine et Marne.

À noter que Mikhael Subotsky a vu son travail présenté au MOMA en 2008 devenant un des plus jeunes artistes présentés dans cette institution. L’ Afrique du Sud accueille volontiers les artistes étrangers. En particulier, après avoir été coupée pendant si longtemps du reste du continent, elle affiche un intérêt très net pour les artistes africains.

Les principales galeries, (publiques, commerciales ou « corporate ») accueillent régulièrement des expositions d’artistes étrangers. En revanche, il est certain que les collectionneurs sud-africains d’art contemporain sont principalement intéressés par les artistes sud-africains.

Aides publiques et financements privés

Secteur public : 

Les politiques publiques en faveur du secteur des arts visuels sont très faibles d’une manière générale. Le gouvernement central s’intéresse beaucoup plus aux questions de patrimoine qu’à la création contemporaine à l’exception du secteur artisanal notamment rural et dans une moindre mesure du secteur de la mode. Les gouvernements provinciaux et notamment ceux du Gauteng, du Western Cape et du Kwazulu-Natal - qui regroupent la très grande majorité des acteurs du secteur - intègrent les arts visuels dans leurs politiques avec une approche « industrie culturelle » qui met l’accent sur la contribution économique du secteur. Les municipalités devant faire face à d’importants défis sociaux n’ont toujours pas développé une politique culturelle qui s’accompagne de crédits d’intervention.

Secteur privé : 

C’est bien le secteur privé et la société civile dans leur ensemble qui soutiennent le secteur des arts visuels en Afrique du Sud et le rende particulièrement actif.

Programmes de résidences

Si plusieurs résidences d’artistes peuvent être recensées en Afrique du Sud, elles concernent principalement le secteur des arts visuels. Les trois plus intéressantes sont décrites ci-dessous.

 

 Bag Factory

Johannesburg, qui fait partie du réseau Triangle, est l’une des plus anciennes et importantes résidences du pays. Partagée par des artistes permanents aussi prestigieux que Sam Nhlengethwa, David Koloane ou Pat Mautloa, cette friche en plein cœur du quartier culturel de Johannesburg anime, depuis plus de dix ans, un important programme de résidences temporaires d’artistes locaux et internationaux et présente régulièrement expositions ou spectacles. - Nombre de places : 2 à 3 par trimestre ; - Disciplines : arts visuels, toutes disciplines ; - Modalités de sélection : dossier complet à envoyer (courrier électronique, voie postale) au moins un an à l’avance (sélection effectuée en juillet/août pour l’année suivante) ; - Mode de gestion : le transport est à la charge des artistes, le reste est couvert (hébergement, per diem, somme forfaitaire couvrant les matériaux et la production de l’exposition). Les artistes doivent présenter, en fin de résidence, leur production au cours d’une exposition ouverte au public ; ils doivent également participer à, au moins, un atelier de formation destiné à des communautés défavorisées.

Greatmore Studios

Le Cap, fondé sur le modèle de la Bag Factory, accueille des artistes sud-africains en résidence permanente, pour une période maximale de trois ans, et des artistes confirmés, internationaux ou locaux, en résidence temporaire de trois mois. Greatmore Studios, qui fait partie du réseau Triangle, accueille aussi des artistes en devenir pour des résidences d’un mois et propose, depuis peu, des résidences pour de jeunes commissaires d’exposition. - Nombre de places : 3 à 4 par trimestre pour artistes confirmés, 8 deux fois par an pour artistes en devenir ; - Disciplines : arts visuels, toutes disciplines pour artistes confirmés ; arts visuels, stylisme, vidéo pour artistes en devenir ; commissariat d’exposition ; - Modalités de sélection : dossier complet à envoyer tout au long de l’année par courrier électronique ou voie postale ; - Mode de gestion : les frais de transport sont à la charge des artistes, le reste est couvert (hébergement, per diem, somme forfaitaire couvrant les matériaux et production de l’exposition). Les artistes doivent présenter en fin de résidence leur production au cours d’une exposition ouverte au public ; ils doivent également participer à, au moins, un atelier de formation pour des communautés défavorisées. Les commissaires d’exposition reçoivent un budget d’exposition.

Nirox Foundation

Johannesburg, créé par le mécène Benji Liebmann, est un lieu de résidence exceptionnel dans le Craddle of Humankind (Berceau de l’Humanité à proximité de Johannesburg, site classé au patrimoine mondial de l’humanité). Nirox n’accueille que des artistes reconnus, locaux ou internationaux, principalement dans le domaine des arts visuels, notamment sculpture. - Nombre de places : indéterminé, en principe 1 à 4 artistes pour des périodes très variables ; - Discipline : toutes disciplines (arts visuels, littérature, arts de la scène, etc.) pour des artistes de renommée internationale ; - Modalités de sélection : envoi d’un dossier à Benji Liebmann ; - Mode de gestion : les frais de transport sont à la charge des artistes, le reste est couvert (hébergement, nourriture, frais de déplacement locaux, matériel). Les artistes ne sont pas soumis à une obligation de production. Cependant, en cas de production, ils devront laisser une œuvre pour la collection de la fondation. Il est également fortement recommandé aux artistes de participer à des actions de formation. Il n’existe cependant pas de format défini : chaque résidence est le fruit d’une négociation avec Benji Liebmann.

Lieux

Mis à jour le 21 Juin 2012
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