Canada

Scène locale

En matière de création et de diffusion Montréal est la capitale artistique de la province de Québec ; c’est encore plus vrai pour les arts plastiques. Deuxième plus grande ville francophone dans le monde après Paris, Montréal se distingue non seulement par ses usages linguistiques mais aussi par le dynamisme et la créativité qui y règnent. Ces atouts ainsi qu’un financement institutionnel solide pour les milieux artistiques permettent au Québec de se tailler une place de choix parmi les grandesmétropoles culturelles en Amérique du Nord.

Ottawa :

La puissance publique (fédérale, provinciale, municipale) et les centres d’art autogérés se partagent l’activité dans le domaine de l’art contemporain à Ottawa.

Vancouver, ville de création et d’expérimentation produit des artistes de renommée mondiale sans s’appuyer sur les grandes machines promotionnelles des capitales historiques de l’art. Cette dynamique repose sur une stratégie particulière d’internationalisation, qui met l’identité singulière de la ville au premier plan, assume pleinement sa situation périphérique plutôt que de suivre les modèles, renforce constamment les pratiques artistiques qu’elle héberge par une stratégie intelligente d’auto-référencement.

La ville s’affirme ainsi depuis 25 ans comme une plateforme créatrice de première importance, notamment dans le domaine des arts visuels. La qualité et la notoriété de ses artistes, l’impulsion donnée par la présence d’acteurs culturels militants tournés vers le soutien à la création, des connexions internationales nombreuses (Asie, Berlin, Royaume-Uni) font de Vancouver un riche laboratoire d’expérimentation artistique. En revanche, la ville n’est pas un lieu de marché, et héberge peu de galeries commerciales d’importance. Un grand collectionneur se distingue : Bob Rennie.

A moyen terme, on devrait assister à un renforcement des liens des arts visuels avec les arts numériques (animation, jeux vidéo), qui font la part belle à l’économie créative voulue par la ville. En perspective, la construction d’un nouveau site pour la Vancouver Art Gallery devrait ajouter à l’effet signature de la ville. 

La métropole de Toronto joue un rôle de premier plan et ouvert à l’international dans le secteur des arts visuels contemporains au Canada : enseignements supérieurs, centres d’arts et musées, galeries et associations, collections privées participent du secteur de l’économie culturelle qui est considérée aux côtés du cinéma, des jeux vidéos et des médias comme un facteur de développement pour l’avenir. Toronto connaît une phase de croissance très importante dans le domaine des arts visuels. Des institutions reconnues au niveau fédéral et provincial coexistent avec des centres d’art, concentrés la plupart du temps dans des quartiers spécifiques tel que « entertainment and art district ».

Au Manitoba, la ville de Winnipeg présente également un foyer de création très vivace et très circonscrit. La géographie humaine particulière de Winnipeg a généré une communauté artistique significative et spécifique adossée à des communautés vivantes (aborigènes, Inuits, Franco-manitobains, ukrainiens, … ).

Les artistes plasticiens québécois ont su très tôt développer un réseau de centres d’artistes autogérés, dont les postes aux comités d’administration sont exclusivement occupés par des artistes, qui leur permet d’acquérir une stabilité. Le réseau des centres d’artistes autogérés du Québec est né à la fin des années 60, à l’aube des grands bouleversements des années 70 qui voit s’accélérer la mutation de la société québécoise. Il existe au Québec et au Canada plus d’une centaine de centres d’artistes autogérés dont le mandat s’étend de la diffusion à l’accueil d’artistes en résidence, à la mise à disposition de moyens d’équipement et de production, aux activités éditoriales et autres ressources documentaires. À Montréal on recense une vingtaine de ces centres tous financés au niveau fédéral, provincial et municipal. Ces lieux ont été le berceau de nombreux artistes reconnus aujourd’hui sur la scène internationale comme Massimo Guerrera, Mathieu Beauséjour ou encore Valérie Blass, le trio BGL, Pascal Grandmaison pour ne citer qu’eux.


En 2006, la ville de Montréal a été désignée par l’Unesco : « Ville Unesco du Design » et fait partie du réseau des villes créatives de l’organisation internationale. Un label qui lui confère une renommée importante et favorise les échanges avec les autres capitales du design à travers le monde comme Saint-Etienne, Séoul, Buenos Aires, Shangaï ou encore Berlin. Montréal est la seule ville en Amérique du Nord à s’être pourvue d’un poste de commissaire au design exclusivement consacré au développement et à la promotion de cette pratique dans la métropole. Cette initiative a abouti en 2006 à la création du Bureau du design à la Ville de Montréal.


Le milieu des arts numériques est également très développé dans la métropole. Des organismes comme Elektra, Mutek (récipiendaires en 2010 du Grand prix du Conseil des Arts de Montréal), Oboro ou encore la SAT, la Société des arts technologiques, l’une des pionnières de la recherche en arts numériques et médiatiques au Québec à l’issue de l’exposition universelle de 1967, sont des structures prescriptives dans ce secteur. Artistes, chercheurs, critiques sont très fédérés localement. Leurs travaux ainsi que la programmation des festivals dédiés jouissent d’une excellente réputation à l’international. De nombreux échanges avec les structures françaises sont d’ailleurs développés chaque année (Elektra / Némo/Gaité Lyrique, SAT). Le Mois Multi à Québec, festival d’arts multidisciplinaires et électroniques, ainsi que la coopérative Méduse constituent également de forts pôles de diffusion et création en arts numériques dans la province.


Le gouvernement du Québec se singularise de ses voisins nord américains par des politiques culturelles fortes et un financement public dont les apports sont plus élevés que les ressources privées. Malgré une production forte, le marché de l’art y est restreint.

Au delà de la figure historique de Yossuf Karsh (photographe) – décédé en 2002 – peu d’artistes de la région d’Ottawa ont connu une carrière internationale. Carole Waino (peinture) et plus récemment, Tony Fouhse (photographie) ont d’assez nombreux contacts aux États unis.

La scène locale de Vancouver est dominée par son mouvement photographique dit néo-conceptuel, d’importance mondiale, dont les figures les plus marquantes sont : Ian Wallace (né en 1943), Jeff Wall (né en 1946), Rodney Graham (né en 1949), Ken Lum (né en 1956), Roy Arden (né en 1957), Stan Douglas (né en 1960), etc. Tous sont ou ont été présentés dans les plus grandes institutions muséales du monde, notamment en France.


Après des artistes reconnus internationalement comme Michaël Snow, dès les années 60, puis Tony Sherman, General Idea, la relève est diversifiée aujourd’hui à Toronto avec Edward Burtynski, Luis Jacob, Stephen Andrews, Vera Fraenkel, Mark Lewis, le designer Karim Rashid, le couturier DsquareD2. Ils sont présents dans les grands rendez-vous de l’art à travers le monde.
L’existence d’un groupe longtemps présent à Winnipeg a marqué fortement les années 90 : le Royal Art Lodge dont Marcel Dzama (le plus connu) a émigré à Brooklyn, tandis que d’autres artistes tels que Kent Monkman ou Paul Butler sont établis à Toronto. Le cinéaste Guy Maddin (récente rétrospective au Centre Pompidou) se considère aussi faisant partie de cette scène fervente. La Dordogne s’est engagée dans un échange avec le Manitoba tandis que le musée d’art modeste de Sète a inscrit le Royal Art Lodge et Winnipeg à son programme de l’automne 2011.


A Ottawa, quelques collectionneurs (Joe Friday, Reesa Greenberg, Glen Bloom, etc.) sont actifs.
A Vancouver, notons la collection privée de Robert Rennie. Magnat de l’immobilier au Canada et aux USA (environ 1.5 milliard CAD de chiffre d’affaires en 2009), Robert Rennie possède une collection qui comprend des oeuvres de Mona Hatoum, Richard Jackson, Thomas Houseago, etc. En tout plus de 170 artistes. En décembre 2009, il a ouvert un musée privé au cœur du Chinatown de Vancouver. Il est également un contributeur généreux auprès de l’Institut d’art et de design Emily Carr et du College d’Ontario d’art et de design à Toronto. Le musée organise à partir de 2010 des résidences d’artistes internationaux.


Le collectionneur et mécène Michael Audain est à l’origine de l’ouverture de deux galeries en 2010 : Galerie Audain du Centre Woodward de SFU et Galerie Audain du Musée d’Anthropologie à Vancouver, dédiée, au sein du musée d’anthropologie, à l’art contemporain.

Des artistes français très reconnus comme Sophie Calle en 2008 (Fondation DHC/ART) ou Anri Sala en 2011 (au MAC) font l’objet d’une diffusion régulière. Le travail de l’ancien lauréat du prix Marcel Duchamp, Laurent Grasso, faisait également l’objet d’une présentation lors de l’exposition collective Nomos et Physis imaginée par la commissaire de la Galerie de l’Uqam, Louise Déry (ex-commissaire du Pavillon canadien à la Biennale de Venise), en 2010.


La Province de Québec offre des moyens de productions importants pour des artistes émergents ainsi qu’une visibilité appréciable pour de jeunes artistes qui peuvent sans difficulté à la faveur d’une résidence ou d’une invitation d’une structure québécoise imaginer présenter pour la première fois leur travail outre-Atlantique.


Les artistes français et leurs créations sont appréciés, (Pierre Huygues, Sophie Calle, Christian Boltanski, Bertrand Flavier). L’impression qui semble prédominer est celle d’une création française éclectique qui continue de susciter une vraie curiosité. Les liens entre la création à Vancouver et la pensée françaises sont forts et durables. La scène française est bien connue et bien suivie par la plupart des professionnels torontois qui la visitent.

 

Rédacteur Canada : Claire Le Masne, attachée culturelle

Contact : 2 Bloor St E Toronto ON - M4W 1A8 - Canada

Tél : (001) 416 847 1909

culturel@consulfrance-toronto.org

Rédacteur Québec : Bérangère Duchesne, chargée de mission culturelle

Contact : Consulat général de France à Québec - Antenne de Montréal Service de Coopération et d’Action culturelle

Tél : +1 514 878 6203

berangere.duchesne@diplomatie.gouv.fr

 

Echanges internationaux

Les possibilités de rayonnement à l’international depuis la province de Québec étant limitées par le peu de visibilité des plateformes de diffusion mis à la disposition des artistes (les grandes biennales d’art contemporain peinent à se renouveler, exception faite de la Triennale d’art contemporain québécois exclusivement réservé aux artistes locaux ), les artistes québécois exportent très tôt leur production soit par l’intermédiaire de leurs galeries pour une toute petite partie d’entre eux, soit par l’intermédiaire des programmes de résidence à l’internationale qu’offrent les structures québécoises, institutionnelles comme le CALQ (Conseil des Arts et des Lettres du Québec) ou le CAM (Conseil des Arts de Montréal), ou associatives par le biais des centres d’artistes autogérés.


La proximité géographique des grandes capitales culturelles anglophones que sont Toronto, Miami et New York permettent aisément aux professionnels locaux d’être présents lors de grandes foires comme l’Art Basel à Miami, l’Armory Show à New York, la Foire d’art contemporain et la Nuit blanche de Toronto, et enfin bientôt d’être représentés lors d’une rétrospective exceptionnelle sur les artistes du Canada au Mass Moca dans le cadre de l’exposition Oh Canada !. En Europe, les artistes québécois sont très fréquemment présents lors des grands rendez-vous dédiés à l’art contemporain (Michel de Broin, le trio BGL , Pascal Grandmaison sont familiers au milieu artistique européen).


A Ottawa, l’ouverture aux artistes étrangers est réelle pour les centres d’art autogérés. Saw Gallery, par exemple, a coopéré ces dernières années avec l’Ambassade d’Espagne, des pays-Bas, de France. Saw Video travaillera également avec l’Ambassade de France pour sa Biennale vidéo d’automne 2010. Soutenue par la ville, Ottawa Art Gallery a coopéré avec le British Council pour la présentation des Young British Artists.

Le Musée des Beaux-arts du Canada, qui privilégie la création contemporaine canadienne, mais les coopérations internationales de haut niveau sont très nombreuses sur l’art classique et moderne (Les Années 30 : La fabrique de l’homme nouveau ; Raphael à Caracci : l’art de la Rome papale ; Bernini).

La qualité et la notoriété des artistes qui vivant et travaillant à Vancouver, l’impulsion donnée par la présence d’acteurs culturels nombreux venus d’Asie, ainsi que le rapport privilégié et durable des premiers avec la pensée et la création françaises, font de Vancouver un lieu à propice au développement de la présence artistique française en Amérique du Nord.


Concernant la ville de Toronto, les expositions temporaires des galeries et musées sont souvent composées d’artistes internationaux, principalement américains, latino-américains, européens. Cependant la structuration des programmes de subventions publiques est explicitement destinée aux artistes canadiens. Les curateurs néanmoins panachent leurs projets avec des artistes étrangers.

Le Power Plant a présenté une demi-douzaine d’artistes pour « Universal Code » à l’été 2009. L’Art Gallery of York University a accueilli Buy-Self à la Foire d’art contemporain de Toronto. Laurent Chabert, bertrand Mandico, thierry Agnone, Shenzen Liu, Joreige/hadijthomas, Laurent Grasso, Orlan ont fait également partie des artistes invités entre fin 2008 et fin 2009. Guy Cogeval, président du Musée d’Orsay, est le commissaire d’une exposition centrée sur le XIXe siècle créée aux musées de "Marseille De la scène au tableau" , présentée à l’Art Gallery of Ontario au printemps 2010.

Winnipeg représente un fort potentiel dans l’ouverture aux scènes étrangères.

Aides publiques et financements privés

Secteur public : 

 Le secteur culturel québécois bénéficie d’un appui conséquent des pouvoirs publics hérité de la création du Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine qui s’est inspiré dès son origine du modèle français.

Le Québec est la province canadienne qui consacre le plus d’argent au financement de la culture. En 2008, selon les données de Statistique Canada les fonds publics consacrés à la création artistique s’élevaient à 2,7 milliards de dollars dont plus de 900 millions provenaient du gouvernement du Québec.

L’état à travers les différents Conseils des arts, ministères de la culture au Québec et Patrimoine Canada au niveau fédéral soutiennent des initiatives privées qui permettent à la ville de Montréal d’acquérir une forte renommée en matière d’arts visuels. Le Centre canadien d’architecture, fondé en 1979 par Phyllis Lambert est certainement la plus importante d’entre elles. Ce lieu très ouvert à la diffusion internationale a montré les réalisations d’architectes venant de tous horizons ainsi que du Québec et du Canada (Atelier Big City, atelier Braq, Atelier In situ, Bosses Design entre autres).

Depuis 1989 la ville de Montréal possède également un bureau d’art public qui possède plus de 300 pièces d’art contemporain exposées un peu partout dans la ville. Parmi les plus connues, cette collection comporte des œuvres de Calder, Daniel Buren, mais aussi des pièces d’artistes québécois dont deux de Michel de Broin.

Citons comme autre initiative le programme d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des édifices du Gouvernement du Québec datant de 1961. Un pourcentage du budget de construction des édifices publics est consacré à l’intégration d’œuvre d’art. Cette loi du 1% inspirée des programmes suédois (dès les années 30) et français (1951) a permis de constituer une collection québécoise d’art public qui comprend près de 2500 œuvres de quelques 800 artistes. Sans l’appui des pouvoirs publics le secteur des arts visuels à Montréal ne pourrait pas résister à la logique de marché du voisin américain. Néanmoins, ce système a le défaut comme en France, d’être tributaire des variations budgétaires et des changements de gouvernements. Cependant, ce système d’aide public est le gage d’une diversité de production libérée des contraintes esthétiques et des logiques marchandes des collectionneurs.

Ottawa :

Au niveau fédéral, c’est le Conseil des Arts du Canada qui fournit des aides et subventions pour l’art contemporain. Créé en 1957, le CCA soutient le travail de milliers d’artistes et d’organisations artistiques au Canada en distribuant chaque année 6000 bourses, d’un montant total de 145 millions de CAD (chiffres 2009). Les prix Moslon (50 000 CAD), avec ceux du Gouverneur général, récompensent les artistes canadiens ayant contribué de manière exemplaire à la vie culturelle et intellectuelle au Canada.

Le Ministère du Patrimoine canadien soutient via le Conseil des Arts du Canada la recherche, la production et la diffusion de l’art contemporain. Il soutient également via le Musée des beaux-arts du Canada, l’acquisition et la présentation d’œuvres canadiennes d’art contemporain et apporte un cofinancement à quelques expositions mettant en valeur des artistes canadiens à l’étranger.

Au Canada, même, les prix de la gouverneure générale du Canada pour les arts visuels, et les discussions publiques qui les accompagnent, jouent également un rôle important pour la mise en valeur et la reconnaissance de l’art contemporain canadien.

Au niveau provincial, le Conseil des Arts de l’Ontario propose lui aussi des appuis financiers aux lieux de production et de diffusion.

Au niveau municipal, la ville d’Ottawa soutient, à des degrés divers selon les années, plusieurs lieux (dont la Ottawa Art Gallery) ainsi que des artistes locaux pour leurs projets d’expositions.

D’une façon générale, l’activité continue et incontestée du Conseil des Arts du Canada depuis plus de 50 ans, là où ses homologues britannique et américain ont fléchi, est perçue –à juste titre - comme une réussite en soi dans un contexte politique et budgétaire canadien parfois difficile.

Vancouver :

Le système de financement public de la part de la province a été fortement remis en cause (crise internationale, Jeux Olympiques). Au niveau national, la communauté artistique de Vancouver a été pionnière dans la contestation et la mobilisation, attestant ainsi l’importance et la vitalité de cette communauté en Colombie britannique. Ces changements de cap budgétaires ont fait prendre conscience à une grande partie de la communauté artistique de la nécessité de se tourner vers d’autres sources de financement. Les évolutions du système public de financement des arts en Colombie-Britannique ouvrent donc la voie à un modèle américain où les organisations artistiques sont extrêmement dépendantes des donations privées.

Financement municipal. La ville de Vancouver ne fournit aucun soutien financier à des artistes en particulier, mais aide les institutions telle que la Vancouver Art Gallery. En outre, de nombreuses municipalités ont leurs propres ’’Community Arts Councils’’ qu’elles subventionnent.

Le financement régional public des arts provient de trois sources :

• Le BC Arts Council (BCAC), organisation majeure de Colombie-Britannique en matière de financement public des arts. Ses ressources proviennent des impôts provinciaux. Le BCAC est une agence indépendante qui soutient les arts et activités culturelles dans les communautés de l’ensemble de la province, en fournissant des subventions pour des artistes professionnels, des organisations artistiques, des initiatives communautaires, des bourses d’études et de formation. Son budget annuel est de 7, 5 millions de CAD. Le BCAC dispose également de programmes spéciaux mis en place pour assurer la stabilité financière à long terme des organisations artistiques de Colombie-Britannique.

• Les revenus des jeux de hasard (Gaming funds) sont redistribués directement aux organisations artistiques à but non-lucratif et aux organisations caritatives.

• Le Fonds Culturel « 150 » (« 150 » Cultural Fund), mis en place en 2008 pour les 150 ans de la Colombie-Britannique.

Toronto :

Au niveau provincial, le Conseil des Arts de l’Ontario (CAO) octroie des subventions aux différents lieux de production et/ou de diffusion avec pour mission l’accessibilité accrue des œuvres artistiques d’artistes canadiens, au profit des ontariens.

En 2008-2009, le CAO a octroyé des subventions totalisant 47,7 millions de dollars. Parmi ces subventions, le CAO accorde une place importante à l’art autochtone ainsi qu’à l’art communautaire et aux arts visuels d’une manière plus générale.

Le CAO du Manitoba fournit également de nombreuses subventions et aides pour les arts visuels et attache notamment un intérêt tout particulier pour les arts franco-manitobain.

La Municipalité de Toronto est très active puisqu’elle subventionne via le Toronto Arts Council, les lieux de production de l’art visuel et participe directement au financement de plusieurs projets majeurs comme la Nuit Blanche ou le Wintercity Festival d’arts de la rue.

 

Secteur privé :

Malgré un soutien relativement solide des institutions gouvernementales, le secteur culturel souffre d’un manque de financement. En matière de philanthropie, le Québec accuse un retard par rapport au reste de l’Amérique du Nord. Selon une étude de l’Institut Fraser parue en 2010 (Institut Fraser, Generosity in Canada and the United States, 2010), le Québec se classe pour la majorité des indicateurs comme la province canadienne où l’on récolte le moins de dons de bienfaisance. Une relative faiblesse du mécénat culturel qui pourrait s’expliquer par le fait que la société québécoise considère que le financement de la culture est principalement l’affaire de l’État. La culture arrive au quatrième rang des principaux secteurs d’activité priorisés par les entrepreneurs après la santé, l’exclusion sociale et la pauvreté, et enfin l’éducation. Un phénomène similaire à ce que l’on observe en France où depuis quelques années le mécénat « social », les projets qui recoupent au moins deux secteurs comme la santé et la culture ou l’éducation et l’environnement retiennent l’attention des mécènes au détriment d’un soutien exclusif au secteur culturel et artistique. Les sociétés et les particuliers peuvent contribuer de quatre façons au financement de la culture au Québec : la consommation, le sponsoring ou « commandites », les activités spéciales et les dons.

- La consommation représente environ 34% du financement total des organismes culturels montréalais. Afin d’encourager un certain volume d’achat le gouvernement du Québec accorde une déduction fiscale aux entreprises qui achètent en gros. Une société peut déduire de ses revenus, sans plafonnement, 100% du coût d’un abonnement ou de l’achat de billet en gros à des évènements culturels avec un minimum de trois représentations ayant lieu au Québec.

- Arts visuels : amortissement relatif à l’achat d’une œuvre d’art dont l’auteur est canadien. Afin de favoriser l’acquisition d’œuvre d’art canadien le gouvernement fédéral et provincial a mis sur pied des dispositions fiscales à l’attention des particuliers et des sociétés qui permettent de déduire une partie de l’amortissement du coût d’acquisition à hauteur de 33% pour le gouvernement du Québec, de 20% pour le gouvernement du Canada.

- Les commandites comptent pour 7% du financement des organismes culturels montréalais. Le Conseil des Arts et des Lettres du Québec donne une définition de la commandite comme : « une contribution en échange de publicité consentie en fonction d’avantages promotionnels […] permettant de rejoindre un public cible. » La recherche de visibilité par les commanditaires induit une concentration très forte des offres en sponsoring autour des évènements les plus médiatisés. Les festivals en sont les principaux bénéficiaires : 34% des commandites leur revient contre seulement 2% pour les arts visuels (8% pour la musique, 4% théâtre, 2% danse, 1% littérature). Les commandites en nature permettent de palier le manque à gagner en argent pour les petits organismes culturels notamment pour les arts visuels.

- Les activités-bénéfices permettent le réseautage et la visibilité tout en collectant des fonds.

- Définition du don par le CALQ : « un transfert volontaire d’argent pour lequel le donateur ou mécène ne reçoit aucun bénéfice en retour ». Provenant de particuliers, de sociétés ou fondations il compte pour 14% du financement des organismes culturels montréalais et s’accompagnent de mesures fiscales très avantageuses mises en place par les deux gouvernements afin d’encourager cette pratique qui ne nécessite aucune contrepartie.

Ottawa :

Le rôle de capitale politique et la taille modeste de l’agglomération (1 million d’habitants) produisent une dynamique très différente de celle de Toronto ou Montréal. Le secteur privé est quelquefois engagé (ainsi le concepteur de logiciel Adobe, ou la Banque Scotiabank auprès de Saw Gallery) mais laisse le plus souvent la place à la puissance publique.

Vancouver :

Grâce à l’action de quelques philanthropes locaux - Michael Audain, Josef Wosk, John O Brian, Robert Rennie - et eu égard à la crise du secteur public, le financement privé gagne en importance pour le soutien des institutions artistiques.

Programmes de résidences

Québéc

Le Conseil des Arts et des Lettres du Québec, le ministère des relations internationales du Québec et le Conseil des arts de Montréal sont les trois partenaires principaux en matière de résidence d’artistes.

Le conseil des arts et des lettres du Québec gère en collaboration avec le ministère de la culture, des communications et de la condition féminine une quarantaine de bourses accordées aux artistes et écrivains québécois pour un séjour en résidence au Canada ou a l’étranger. Inversement, les trois types de résidences offertes par le Conseil des arts et des lettres du Québec permettent d’accueillir annuellement une quinzaine d’artistes étrangers toutes disciplines confondues.


- Les échanges d’artistes à l’international

 
Ces dispositifs de résidences croisées d’accueil et de production sont basés sur un échange d’artistes et sont adaptés selon des objectifs établis entre le Conseil des arts et des lettres, son partenaire institutionnel et les lieux d’accueil. En majorité, les frais de transport et per diem sont pris en charge par les partenaires institutionnels et l’hébergement des artistes est assumé par la structure d’accueil à l’étranger. Les allocations varient selon le pays de résidence. Les artistes internationaux lauréats de ces programmes au Québec sont hébergés par l’organisme artistique québécois d’accueil ou dans un logement mis à leur disposition par le Conseil des arts et des lettres du Québec lorsque la structure ne dispose pas de logement. Au Québec les studios ou ateliers-résidence mis à la disposition des artistes étrangers en vertu des accords de réciprocité conclus par le Conseil des arts et des lettres sont les suivants : l’atelier-résidence de la terrasse Saint-Denis, la Fonderie Darling, la Coopérative d’habitation Lézards, le Studio Cormier et le Studio Rigaud a Montréal, le centre d’artistes Axene 07 et le centre de production Daïmon à Gatineau, le complexe Méduse et la Chambre blanche à Québec.

Le complexe Méduse à Québec est une coopérative de producteurs et diffuseurs artistiques composée de dix membres dont notamment Antitube, Avatar, la Bande Vidéo, Engramme, l’Œil de poisson, Recto-verso, Spira-films et le Centre Vu.

Excepté la résidence croisée avec la région du Nunavik (Grand Nord), les échanges d’artistes se déroulent à l’extérieur du Québec. Réservé aux artistes possédant plus de deux ans de pratique, le Québec a conclu des accords de résidences croisées avec 17 pays d’Europe et d’Amérique latine :

Canada / Europe : pluridisciplinaire (architecture, arts du cirque, arts médiatiques, arts multidisciplinaires, arts visuels, chanson, danse, littérature et conte, métiers d’arts, musique, théâtre) - Nouveau-Brunswick - Nunavik - Ontario - Programme des pépinières européennes (excepté la chanson) pour des artistes ayant entre deux et dix ans d’expérience professionnelle.


Amérique du Sud - Mexique = Centro national de las Artes - Fundacion de las letras mexicanas - Centro mexicano para la musica y las artes sonores / la Chambre blanche (Québec) – Centre de production Daïmon (Gatineau) – Union des écrivains et des écrivaines québécoises. 4 mois de résidence (4 artistes par an), allocation de 8 000 $ CAD, en arts médiatiques, arts multidisciplinaires, arts visuels, littérature et conte, musique contemporaine et théâtre. - Argentine = Centro cultural la Recoleta - el Basilico residencia de artistas / Coopérative Lézards (Montréal) : 2 mois de résidence (2 artistes par an), allocation de 5 000 $ CAD dans les domaines de l’architecture, des arts médiatiques, des arts visuels, de la littérature, du conte et de la musique. - Brésil = Instituto de Artes do Para (Belem) / Coopérative Méduse (Québec) : 2 mois de résidence (2 artistes), allocation de 5000 $ CAD en arts visuels.


Europe - Catalogne = Centre de création artistique Hangar (Barcelone) / Centre d’artistes Axeneo 07 (Gatineau) : 4 mois de résidence (1 artiste par an), allocation de 10 000 $ CAD dans les domaines de l’ architecture, des arts médiatiques, en arts visuels et des métiers d’art. - Ecosse = Centre for contemporary arts (Glasgow) / P.R.I.M, Productions Réalisations indépendantes de Montréal, centre en arts médiatiques : 3 mois de résidence (1 artistes), allocation de 7 500 $ CAD en arts multidisciplinaires, arts visuels et musique contemporaine. - Finlande = atelier de la fondation finlandaise de résidence d’artistes à Espoo : 4 mois de résidence (1 artiste par an), allocation de 10 000 $ CAD dans les domaines de l’architecture, des arts médiatiques, des arts multidisciplinaires, des arts visuels et des métiers d’arts - Suisse = atelier-résidence de la fondation Christoph Mérian (Bâle) / Fonderie Darling (Montréal) – atelier résidence de la terrasse Saint-Denis (Montréal) : 6 mois de résidence (2 artistes par an), allocation de 15 000 $ CAD, dans les domaines de l’architecture, de arts médiatiques, des arts multidisciplinaires, des arts visuels et des métiers d’arts.


- Les résidences spécialisées

 
La dénomination « résidences spécialisées » désigne des résidences artistiques de recherche et création qui répondent à un profil d’artistes spécialisés. Ce dispositif exclu la réciprocité.


Dans le cadre de ce dispositif particulier, le « Banff centre of the arts », situe dans les rocheuses canadiennes en Alberta, accueille chaque année des artistes québécois en arts visuels, littérature et musique pour des résidences de recherche ou création. Le CALQ est également partenaire de la British School à Rome pour les architectes et plasticiens et l’atelier-résidence de Montréal accueille des artistes québécois pour un séjour dans la capitale culturelle de la province.


Le CALQ participe également au programme de bourses pour artistes « Unesco-Aschberg », cofinancé par le fonds international pour la promotion de la culture de l’Unesco et un réseau international d’institutions partenaires spécialisées dans la formation des artistes. Ce programme a permis d’accueillir pour des séjours de création des artistes du Mali, de la Slovaquie, de la Bolivie, du Pérou ou encore de l’Arménie sur le sol québécois à l’atelier résidence de Montréal.

- Les programmes de résidences soutenus par l’Institut français

Dans le cadre de la Commission Permanente de coopération franco-québécoise et du Fonds de coopération décentralisé franco-québécois, l’Institut français soutient en collaboration avec le ministère des relations internationales du Québec et les collectivités territoriales trois dispositifs de résidence :

Résidence croisée France-Québec : un programme de résidence croisée entre la Fonderie Darling à Montréal et Astérides à Marseille. Deux français et deux québécois, un commissaire ou critique et un plasticien bénéficient chaque année de ce dispositif pour une durée chacun de trois mois. Le dispositif est actuellement soutenu par le FFQCD. Les premiers artistes en résidence seront accueillis en 2012 et 2013.

Art web & numériques = Géographies variables : douze artistes, six français et six québécois. le dispositif implique sept structures, en France l’Enclos du port, Incident.res et Labomédia, au Québec la Chambre blanche, Daïmon, l’Agence Topo et Séquence. Résidence de production, ce programme d’échange prévoit que chaque lieu accueille en même temps sur une période d’un a deux mois deux artistes, un québécois et un français sélectionnés sur appel a projets pour la production d’une œuvre.

Résidence jeunes créateurs : les deux centres d’art « Galerie Optica » à Montréal et « Art3 Valence » en région Rhône-Alpes ont initié en 2009 un programme de résidence croisée en arts visuels destiné à de jeunes créateurs. Les lauréats désignés par un comité d’experts résident six mois dans chaque lieu de résidence et bénéficient d’une allocation.

 

- Résidences internationales en cours de développement au Québec

Colombie : le 23 avril 2009, Yvan Gauthier, Président-directeur général du conseil des arts et des lettres du Québec et Mme Moreno Zapata, ministre de la culture de la Colombie ont annonce la signature d’un accord sur trois ans portant sur la mise en place d’un programme de résidence croisée de création au bénéfice de deux artistes québécois et deux artistes colombiens pour une durée de six mois chacun. L’accord entrera en vigueur en 2011. Notons également que le Conseil des arts de Montréal, dont ce n’est pas la fonction première, développe également des dispositifs de résidence. Le Conseil des arts de Montréal a initie en 2010 à la Fonderie Darling, lieu prescripteur en matière de résidence, un dispositif intitulé « Résidence des Amériques ». Ce programme s’adresse aux commissaires d’exposition originaires des États-Unis ou d’Amérique du sud. Les lauréats sont accueillis pour une période de deux mois à la Fonderie Darling.

Le Banff Centre représente la plus prestigieuse des résidences d’artistes au Canada. Lieu de formation, de conférences et de résidences, le centre, qui bénéficie d’un fort prestige international, a pour mission de soutenir la création sous toutes ses formes et dans toutes les disciplines, sous la devise Inspiring Creativity. Il est néanmoins particulièrement réputé pour ses départements arts visuels (Banff International Curatorial Institute et Walter Phillips Gallery, dirigé par Kitty SCOTT, une des commissaires de la prochaine Documenta) et arts numériques (Banff New Media Institute, dirigé par Kerry STAUFFER). Il constitue également un lieu de production et de diffusion du spectacle vivant, accueillant 75 000 spectateurs par an dans cette petite localité située à 1h30 de route à l’ouest de Calgary. Au pied d’un cirque de montagnes, dans un parc naturel, le site est classé depuis 1984 au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les résidences peuvent durer entre une semaine et trois mois. Les frais de résidence sont d’environ 500 dollars canadiens par semaine.
La Walter Phillips Gallery expose les meilleurs artistes contemporains canadiens et étrangers.
Le centre propose également une résidence pour les commissaires qui peuvent utiliser ce séjour pour leurs recherches. Les commissaires et les critiques de tous âges peuvent postuler.
 

Projets de partenariats avec la France en cours :


- Programme de séminaires de longue durée en arts visuels pour commissaires français. Sur le modèle des thematic residencies proposées par Banff, un invité conçoit, coordonne et anime un séminaire de longue durée (moyenne 4 semaines) pour partager sa pratique et ses idées avec une vingtaine d’invités internationaux très sélectionnés autour d’un thème principal choisi avec Banff. A destination des commissaires arts visuels français, émergents ou en milieu de carrière.


- Programme de séminaires en arts numériques pour commissaires français. Une version plus courte du programme.


Vancouver :

Le musée de Robert Rennie organise depuis 2010 des résidences d’artistes internationaux.

Ottawa :

 Axe Neo-7 dispose d’espaces d’excellente qualité pour les artistes en résidence.

Saw Gallery peut également offrir des formats de résidence selon les projets.

Lieux

Mis à jour le 25 Avril 2012
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  • Art Gallery of Ontario / Architecture: Frank O. Gehry

    Art Gallery of Ontario
  • Bata Shoe Museum

    Joseph A
  • Centre A

    Centre A
  • Fogo Island Arts Corporation

    Fogo Island Arts Corporation
  • National Gallery of Canada

    ojbyme
  • Installing Louise Bourgeois 1911-2010

    ngcmedia
  • How we hang a priceless work of art!

    AGO 101
  • Prises de son : couleurs et animées - Martin Tétreault

    ActionArtActuel