Chine

Scène locale

La scène artistique chinoise repose tout d’abord sur un réseau d’universités nationales des beaux-arts, qui forment les futurs artistes.

Une fois sortis de l’université, les artistes logent le plus souvent dans des « villages d’artistes ».
Ces « villages d’artistes » se sont développés à Pékin dès les années 90 autour du Yuanmingyuan. Ils se situent en périphérie de la ville (Caochangdi, Songzhuang, etc.). De part cette position géographique ils sont, comme beaucoup d’autres quartiers en périphérie des grandes villes, régulièrement menacés par le développement urbain et une promotion immobilière effrénée. Les cas de destruction de quartiers où vivent des artistes, sans indemnisation des occupants, sont fréquents. Près de 1000 artistes auraient été touchés dans la capitale en 2009. Le même phénomène de « villages » d’artistes se développe à Shanghai (Moganshan), à Kunming, à Chengdu, etc.


Les conditions de vie des artistes sont le plus souvent difficiles, à l’exception de ceux dont la cote a atteint des sommets sur le marché de l’art international (Yue Minjun, Zhang Xiaogang, Xu Bing, Zeng Fanzhi, etc.).


Il n’existe pas encore en Chine beaucoup d’amateurs d’art, comme on peut en connaître en France où l’amour de l’art est finalement très répandu dans la population. Les Chinois qui s’intéressent à ces questions, s’intéressent tout d’abord à leurs artistes, puis aux grands noms de la scène internationale très cotés sur le marché de l’art, puis aux artistes asiatiques et enfin aux autres. En conséquence, les collectionneurs chinois sont encore très peu nombreux. Après avoir eu une approche très spéculative du marché, ils s’intéressent aujourd’hui aux grandes marques (Jeff Koons, Murakami, etc.) de la scène internationale, avant peut-être une ouverture sur des artistes plus pointus ? Mais d’une manière générale la Chine traverse une période de fort recentrage sur elle-même, où la fierté du sentiment national n’est pas à négliger.

L’image de la France et de ses artistes est bonne. Elle repose avant tout sur l’idée que la France est la terre des arts, qui a accueilli avant guerre les peintres chinois de l’Ecole de Paris, puis leur successeur. Paris est encore vu comme un lieu important de la scène artistique internationale. Des artistes reconnus, comme Chu Te Chun ou Yang Pei Ming, ont choisi la France pour vivre et travailler. Toutefois, d’une façon générale le degré de connaissance de la scène artistique française par nos interlocuteurs reste modeste, en particulier de la scène artistique contemporaine.

 

Rédacteur : Sébastien Cavalier

Contact : sebastien.cavalier@institutfrancais-chine.com

Echanges internationaux

La présence internationale de la Chine s’est accrue dans les grandes foires internationales. On note la présence de galeries comme « Vitamin » à Bâle, au pavillon de la Chine à la biennale de Venise, etc.

Ce mouvement d’ouverture progressive a contribué à faire « naître » à l’international des commissaires chinois, tels que M. LI Zhen-Hua, Directeur de E-Arts à Shanghai, le francophile, M. HOU Han-Ru, l’artiste-commissaire-activiste-architecte M. AI Wei Wei, etc. Fins connaisseurs de la scène internationale, ils ont contribué à la diffusion de l’art chinois à l’international mais aussi à l’internationalisation de la Chine. Ils jouent un rôle de prescripteur dans les deux sens. C’est ainsi que des artistes français ont pu être présentés lors de quelques grandes manifestations telles que le festival des arts numériques de Shanghai ou la semaine des arts numériques à Changsha.


La politique du gouvernement chinois souhaite de plus en plus exporter sa culture comme un outil de soft power (La Chine était l’invité d’honneur d’Europalia en Belgique fin 2009). Selon le principe sacro-saint ici de la réciprocité, la présentation de la culture chinoise à l’étranger devrait s’accompagner d’une ouverture plus grande vers les cultures étrangères en Chine. En terme budgétaire, l’équation reste toutefois complexe. Les ressources sont allouées prioritairement vers la scène artistique chinoise. Beaucoup de nos interlocuteurs souhaitent, quand ils travaillent avec des pays étrangers, utiliser le cadre dit de projet d’échange, dans lequel chaque pays paie pour ce qui le concerne. Ceci ne facilite pas la présence des cultures étrangères sur le territoire chinois.

Dans les principaux musées, les expositions sont en général consacrées aux artistes chinois, mais on note une ouverture aux expositions d’artistes contemporains étrangers croisées avec des artistes chinois.

Le bilan sur l’ouverture de la scène artistique chinoise aux scènes étrangères est très contrasté et dépend largement de à qui on s’adresse et où. Pékin est certainement plus ouvert que Chengdu, mais la situation évolue très vite, y compris hors de Pékin et Shanghai. L’ouverture est le fait d’individus et d’acteurs plutôt non institutionnels comme les galeries. Elle est également plus forte dans les foires et les biennales, par opposition aux musées publics. Néanmoins cela signifie qu’il existe des structures/personnalités chinoises sur lesquelles il est possible, et même absolument nécessaire, de s’appuyer pour développer une présence artistique étrangère en Chine.

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

Le développement de la scène artistique locale est le fruit d’un subtil équilibre entre soutien public et force du marché. Dans le domaine des arts vivants le soutien public se manifeste essentiellement au niveau des moyens financiers conséquents donnés aux principales universités des beaux-arts qui forment les artistes de demain. Il se traduit également par un soutien massif aux industries créatives, dont le développement est fortement encouragé tant au niveau local que national. En Chine, ce concept recouvre une acceptation très large. Il inclut notamment les arts visuels, le design, la mode ou les nouvelles technologies. Les gouvernements de villes telles que Pékin ou Shenzhen accordent une attention particulière à ce que leurs villes deviennent des « Creative Cities ». Shenzhen fait par exemple partie du réseau des villes créatives de l’UNESCO. Des zones spéciales, bénéficiant d’avantages fiscaux sont dédiées aux industries créatives.

Programmes de résidences

Il n’existe pas encore en Chine de système organisé de résidences d’artistes pour les artistes étrangers. Certaines universités ont mis en place des petits programmes de résidence, comme par exemple l’Académie des Beaux-Arts de Chonqging avec la Villa Arson. Le plus souvent les artistes peuvent trouver un point de chute (logement et/ou studio) chez certaines galeries, mais ne bénéficient jamais d’une bourse ou d’un soutien financier quelconque.


Dans le Sud Ouest de la Chine

  Une seule résidence d’artiste est identifiée à ce jour, celle du Centre Rhizome à Lijiang. Il existe des possibilités d’accueils ponctuels à l’académie des beaux-arts par exemple mais pas d’autres structures de résidence en tant que telle.


Rhizome est une organisation culturelle créée en novembre 2009 par Mikaël Cohen et Odile Baurens. Établie à Lijiang, dans la province du Yunnan, elle est composée d’une résidence d’artistes située dans la campagne environnante, et d’une galerie (ouverture prochaine). Rhizome est une plateforme pour les artistes locaux et produit un art hybride par la rencontre et la confrontation de pratiques artistiques provenant de cultures différentes. Rhizome, par ses actions, est aussi une des sources de réflexion sur les mécanismes et le sens de la production de l’art actuel.

 

A Pékin

Il existe à Pékin plusieurs lieux de résidences d’artistes, qui s’inscrivent plus dans le cadre d’un programme d’accueil. Dans ces structures les frais de vie et de logements sont à la charge de l’artiste. ? La Plantation : émergeant de sa chrysalide industrielle, La Plantation se déploie tel un papillon architectural contemporain. 2000m2 répartis sur 3 niveaux ; espaces d’expositions, théâtre, boutique d’art, s’articulent autour d’un café français. La Plantation est un espace multifonctionnel pouvant accueillir diverses manifestations : expositions, défilés de mode, conférences, soirées privées, dégustations...La Plantation est aussi un lieu ou l’art et l’art de vivre se rejoignent.


Imagine Gallery : cette galerie tenue par une française a été créé en 2003. Elle accueille des artistes du monde entier.


Red Gate Residency : c’est un programme international de résidences d’artistes de toutes disciplines. Red Gate permet aux participants de se connecter avec la scène artistique locale, pour faciliter les créations de projets. Cette plateforme accompagne les artistes dès leur arrivée à Pékin, en leur présentant ce qui se fait aujourd’hui au niveau artistique.


L’Académie des Beaux Art de Chine, ainsi que la Beijing Film Academy accueillent aussi ponctuellement des artistes en résidence. Ces résidences sont financées par des Villes françaises (exemple des résidences d’artistes de Lille).

A Wuhan, dans le centre de la Chine

Il n’existe pas encore de lieu de résidence d’artistes. Seules quelques universités pourraient être susceptibles d’être intéressées : Institut des Beaux-arts du Hubei, Directeur, M. XU Yongmin. ? Université de Jianghan, Directeur de l’Institut d’Arts modernes, M. WANG Xinyao. ? Université des Technologies de Wuhan, Directeur de l’Institut d’Arts et de dessin, M. PAN Changxue.

Dans la Chine du Sud Est

Seule la société OCT (Oversea China Town) offre des possibilités de résidence d’artistes grâce à son programme de "résidence artistique internationale" (International Art Residency) mis en place à Shenzhen au sein de l’OCAT (OCT Contemporary Art Terminal).


Chaque année, 5 jeunes artistes, critiques et/ou curateurs des arts visuels sont invités à séjourner dans les 5 studios (130 m² tout confort) mis à disposition par OCAT. Ces résidences sont ouvertes à tous les pays (des Français y ont déjà séjourné). Le séjour se déroule du 15 août au 15 novembre pendant lesquels ils perçoivent une bourse. Ils bénéficient par ailleurs de prestations de relations publiques (assurées par OCT/OCAT) pour des conditions maximales de promotion de leur travail. OCAT prend en charge les billets d’avion AR, les assurances maladie et rapatriement, 3 000 RMB mensuels pour les dépenses courantes et 1 000 RMB pour le matériel et les équipements liés à leur travaux et recherches. Les dossiers de candidature doivent être déposés au 30 avril et les résultats de la sélection sont donnés par mail en mai. Contacts : Wang Jing - Informations disponibles sur le site : http://www.ocat.com.cn/

En offrant de telles conditions aux jeunes talents, OCAT entend devenir une plate-forme d’échanges artistiques multidisciplinaires incontournable en Chine et ainsi contribuer au développement de l’art contemporain chinois.

Lieux

Mis à jour le 25 Avril 2012
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  • Académie Centrale des Beaux Arts / CAFA

    CAFA
  • Red Gate Gallery

    Red Gate Gallery