Corée du Sud

Scène locale

Devenue une puissance économique de premier plan (13e rang mondial), la Corée du Sud ambitionne de devenir un pays prescripteur en Asie dans le domaine artistique. Ses artistes ont conquis une renommée internationale et, en quelques décennies, elle s’est dotée d’un nombre important d’infrastructures et d’équipements culturels de premier plan, implantés tant dans la capitale que dans la périphérie de Séoul et dans les métropoles régionales. Outre la multiplication des musées et des centres d’arts, sont apparus, il y a une dizaine d’années, de grands rendez-vous internationaux prescripteurs en Asie, telle la Biennale de Gwangju, qui permettent à la Corée de se positionner comme carrefour international et régional de l’art contemporain.


Le marché de l’art est en pleine croissance depuis 2000. La vitalité de la scène artistique coréenne est soutenue par un circuit commercial très actif animé par des galeries puissantes et une foire internationale de l’art qui, depuis sa création en 2002, n’a cessé de monter en puissance et a su gagner en qualité. Ce dynamisme est le fruit d’une approche volontariste de la puissance publique en matière de développement culturel, de l’État tout autant que des collectivités territoriales. Ainsi, depuis son entrée en fonction en 2006, le Maire de Séoul a multiplié les initiatives pour transformer la capitale en un centre international majeur de création et d’innovation.

La désignation de Séoul par le Congrès du Conseil International des Sociétés de Design Industriel (ICSID) comme capitale mondiale du design 2010 est venu consacrer ces efforts.

Le secteur privé joue également un rôle crucial dans le développement de cette scène artistique. Les groupes industriels par le biais de leur galerie, fondations, musées et collections contribuent à soutenir la création contemporaine. Tout comme les institutions publiques, leur action concerne aussi bien la diffusion que le soutien à la création et aux artistes.

Enfin la multiplication des lieux de résidence ces dernières années est révélatrice d’une véritable ambition de rayonnement international. Pouvoirs publics, collectivités territoriales et secteur privé agissent de concert en créant de nouveaux espaces de travail et d’accueil pour les artistes tout en soutenant la mobilité des artistes coréens à l’étranger.


LEE Ufan (peinture, sculpture), PARK Seo-bo (monochromes), KIM Tschang-yeul (peinture, gouttes d’eau), John BAE (sculpture), JHEON Soocheon (sculpture, installations) sont les artistes les plus reconnus sur la scène coréenne et internationale. Les artistes coréens, tels KIM Soo-Ja et Do-Ho SUH, qui ont émergé dans le sillage de Nam June Paik, véritable figure tutélaire de l’art coréen, ont souvent la nationalité américaine.

 

Dans les années 80, la France bénéficie d’une image forte en Corée dans le domaine des arts. De nombreux Coréens ont fait de longs séjours en France effectuant des cursus complets dans les établissements d’enseignement artistique et dans les universités (cursus en histoire de l’art) françaises. La plupart d’entre eux ont occupé des responsabilités au sein des institutions coréennes.


Il en résulte une forte présence de l’art contemporain français dans les années 90 et jusqu’en 2005, qui se traduit par l’organisation régulière de grandes expositions monographiques d’artistes français et la présence des artistes français dans les collections des musées.


Les institutions françaises continuent à exercer un fort attrait sur les artistes et les élites coréennes, le centre Pompidou notamment. De même, les artistes français continuent d’être visibles dans les grands rendez-vous internationaux coréens (biennales, festival international de la photographie, « Platform », etc.).


L’absence d’artistes français dans les collections du Leeum et des principales galeries coréennes soutenant des artistes internationaux, ainsi que l’absence de certaines générations dans les collections privées et publiques, vient relativiser cette présence française sur la scène artistique coréenne.

 

Rédacteur : Pascale Just; attachée culturelle 

Contact : Ambassade de France à Seoul 13th floor, Woori Bldg, #10 bonglai-dong 1ka, Chung-ku, Seoul 100-161, Corée du sud

Tél : 822 317 85 04

pascale.just@diplomatie.gouv.fr

Echanges internationaux

La plupart des jeunes artistes contemporains coréens reconnus sont exposés dans les biennales internationales d’art contemporain : Haegue YANG représentait la Corée à la Biennale de Venise en 2011, Dong-yu KIM, Do-Ho SUH, Kang-Hoon KANG et Yeondoo JUNG. Un grand nombre d’entre eux sont orientés vers les nouvelles technologies et les installations vidéo. D’après un sondage récent effectué auprès des 50 critiques d’art les plus influents de Corée, les « meilleurs jeunes artistes coréens (âgés de 35 à 45 ans) reconnus sur la scène internationale », sont : LEE Bul (sculptures, vidéos, performances), exposition à la Fondation Cartier en 2006, KIM Young-jin (artiste vidéo, multimédia), KIM Sooja (installations, performances, video-performances), KIM Beom (peintures), SUH Do-ho (installations, sculptures), JOO Michael (installations, sculptures), JUNG Yeon-doo (photographies et installations), NOH Sang-kyoon (sculpteur), BACK Y-so (sculpture), CHO Duck-hyun (sculpture), KIM So-ra, GIM Hong-sok, CHANG Young-hae, CHOI Jung-Hwa, KIM Jong-ku, OH In-hwan.


L’accélération qu’a connue le marché de l’art asiatique a fortement bénéficié aux artistes coréens. Bon nombre d’artistes coréens nés dans les années 60 peuvent rivaliser en termes de notoriété avec les artistes chinois, ainsi Dong Yoo KIM dont le tableau Mao vs Monroe a atteint le record de 576 000 $ à une vente aux enchères de Sotheby à Londres en 2008.


La scène artistique coréenne demeure peu connue en France où les artistes coréens ne bénéficient que rarement d’exposition personnelle, à l’exception de l’artiste Lee Bul, accueillie à la fondation Cartier en 2006. La promotion des artistes coréens sur la scène artistique étrangère et leur présentation dans les lieux internationaux prescripteurs est une priorité affichée de tous les acteurs publics et privés coréens.

Les établissements d’enseignement artistiques français - principalement l’ENSBA mais aussi l’ENSAD - ont une forte notoriété en Corée. Cet attrait reste toujours aussi fort comme en témoignent les dernières statistiques sur les étudiants coréens : plus de 21 % des étudiants – soit 328 – suivent un cursus artistique dans un établissement français. On constate également un engouement toujours aussi soutenu des Coréens pour les formations françaises en architecture et en histoire de l’art.

Les musées créés ces dernières décennies ont dû constituer leur collection ex-nihilo. S’agissant de leur politique d’acquisition, elles privilégient donc une approche quantitative. Cette tendance est renforcée par l’étroitesse des budgets dont elles disposent pour leurs achats. Aucune règle ne fixe de quotas s’agissant de l’acquisition d’artistes étrangers. Toutefois la part des œuvres d’artistes étrangers reste faible dans les collections des grands musées d’art contemporains. Ces musées ont par ailleurs une politique de grande ouverture aux artistes étrangers et proposent plusieurs fois par an des grandes expositions monographiques et rétrospectives d’artistes étrangers vivants de grande notoriété.

Aides publiques et financements privés

Secteur public : 

Le ministère de la Culture, du tourisme et des sports met en place une politique active de soutien à la création contemporaine par le biais de son agence gouvernementale pour les arts, l’Arts Council Korea (Arko).
Le pilotage de cette agence, créée en 2005, est assuré par un conseil composé de 11 personnalités du monde artistique (toutes les disciplines sont représentées) dont le mandat ne peut excéder 2 années.

Ces missions sont :

-le soutien à la création contemporaine à travers un certain nombre de programmes


-le soutien aux échanges culturels internationaux et la promotion des artistes coréens à l’international


-la décentralisation de la culture


Pour mettre en œuvre cette politique, l’Arko bénéficie d’une subvention de l’Etat (184,7 milliards de wons) ainsi que des recettes provenant des jeux et des loteries. Son budget s’élève à 1892 milliards de wons (1,1825 milliards d’Euros) dont 1483 sont affectés aux arts visuels (926 875 millions d’euros).


Une révision des politiques publiques de soutien à la création contemporaine a été engagée en 2008 dont les principales lignes sont :


- Une plus grande sélectivité qui va de pair avec des subventions plus élevées

- Une aide aux artistes qui ont réalisé un projet significatif ; priorité est donnée au versement des aides une fois le projet réalisé

- Soutien indirect à la création en mettant à la disposition des artistes des lieux spécialement aménagés pour la création et la présentation des œuvres  « L’art dans la cité », développement de programmes éducatifs pour les couches sociales défavorisées.


La Fondation de Corée (Korea Foundation)

 Placée sous la tutelle du ministère des affaires Étrangères, la Fondation de Corée est en charge de la promotion des échanges culturels internationaux. Son périmètre couvre tous les domaines artistiques, mais également la promotion de la langue coréenne, l’édition (traduction d’auteurs coréens et d’ouvrages sur la Corée), la recherche sur les études coréennes et la tutelle des centres culturels coréens à l’étranger. S’agissant de la promotion dans le domaine des arts visuels, les aides de la Fondation se déclinent comme suit :


à l’étranger : aide à la diffusion des productions artistiques (voyages internationaux et transport), soutien à la mise en place de pavillons coréens dans les grandes manifestations étrangères, à la création ou l’aménagement d’espaces et de collections d’art coréen dans les musées étrangers, soutien à la mobilité des artistes coréens (bourses, voyages etc.)


sur le territoire coréen : la Fondation apporte un soutien aux manifestations internationales (séjour des artistes et créateurs étrangers, communication, location de salles).

Les projets aidés par la Fondation de Corée ne sont pas éligibles à une aide de l’Arko et réciproquement.

Le budget alloué à la promotion des échanges culturels internationaux s’élève à 4,7 milliards de wons (environ 3 M d’Euros).


La Banque des arts

S’inspirant des modèles britannique, canadien, français (FNAC), allemand et australien, les autorités coréennes ont créé cette structure en 2005 afin de constituer une collection publique d’œuvres d’art coréennes. Les acquisitions sont mises en dépôt dans des bâtiments publics coréens ou prêtées pour des expositions (le coût de la location est de 1 à 3 % du prix de l’œuvre multiplié par le nombre de mois de prêt). Le budget d’acquisition d’une œuvre est plafonné par artiste et par an à 15 millions de wons (937 500 €). En 2008 la banque a acquis 389 œuvres.

 

Secteur privé : 

Soutien aux galeries

Le gouvernement coréen soutient par l’intermédiaire de l’Association des galeries coréennes la participation des galeries coréennes aux foires d’art internationales : en 2008, le gouvernement a alloué à cette association une subvention de 200 millions de wons (125 000€) qui ont permis à 299 galeries coréennes de participer à 26 foires d’art internationales : 550 œuvres ont été vendues pour un montant de 9 milliards de wons de recettes (5,625 Millions d’Euros).

La Galerie Kukje a participé à la Fiac 2010 où disposait d’un grand espace sur le site du Grand Palais.

Enfin le gouvernement soutient la Korea International Fair (KIAF) créée en 2002 en lui allouant une subvention de 300 M de wons (187 500 €).

Mesures fiscales incitatives

Depuis 2007 toute entreprise effectuant l’achat de billets de spectacles, d’expositions ou de matchs de sports pour un montant égal au supérieur à 3% du montant total de ses frais de réception bénéficie d’une réduction d’impôts.

L’entreprise peut aussi bénéficier d’une réduction de l’impôt pour tout don à un artiste ou à un établissement culturel qui a reçu l’agrément du gouvernement. En revanche, la législation ne prévoit pas de réduction d’impôts pour l’acquisition d’œuvres d’art.

Commande publique : la législation coréenne a introduit en 1995 le principe du 1 % artistique du budget global de toute construction dont la superficie est supérieure à 10 000 m2.

Programmes de résidences

Le dispositif des résidences d’artistes est foisonnant en Corée. Le développement de ces résidences a connu une accélération rapide au cours de cette décennie. Parallèlement à la construction d’équipements culturels, les pouvoirs publics ont créé des lieux de résidences situés tant à la périphérie de Séoul que dans la capitale.

Incheon Art Platform, friche industrielle inaugurée en 2009. S’agissant des artistes internationaux, le programme s’adresse à des artistes invités (pas d’appel à candidatures).

The National Art Studio, Changdong & Goyang Ce programme de résidence établi sur deux sites est rattaché au Musée National d’Art Contemporain de Corée. Cette institution est membre du réseau « Res Artis » et de « Alliance of Artists’ Community ». Ces résidences concernent toutes les disciplines des arts visuels pour des séjours de six mois à un an.

Les travaux des artistes résidents sont présentés au public et aux professionnels sous la forme de « Open Studio » chaque année à la fin de leur séjour. Un catalogue est publié à cette occasion.

Le Studio a des programmes d’échanges avec de nombreux pays étrangers.

Seoul Art Space

Dans le cadre d’un programme baptisé « Culturnomics » : combinaison des mots « culture » et « économie », la ville de Séoul a entrepris de transformer en espaces de création et de résidences des bâtiments désaffectés ou industriels afin de revitaliser sur le plan culturel plusieurs lieux de la capitale. Il s’agit également de proposer aux habitants des équipements de proximité dédiés aux pratiques artistiques. Le programme « Seoul Art Space » piloté par la Fondation de Séoul pour les Arts et la Culture de la ville de Séoul (www.sfac.or.kr) a permis l’ouverture d’ espaces à Séoul en 2009 :

Geumcheon Art Factory (inauguré en 2009)

Cette ancienne imprimerie située dans une zone industrielle propose un espace de 3000 m2 abritant 22 ateliers et des logements pour les artistes étrangers, toutes disciplines confondues, invités par des institutions coréennes (festivals, musées, ...). Elle a pour vocation de devenir un lieu d’échanges internationaux sans distinction de genres artistiques. Un appel à candidatures devrait être lancé en 2010.

Seogyo Art Experiemental Center (inauguré en 2009)

 Situé au sein du quartier de l’Université Hongik, ce lieu propose une salle modulable, une salle d’exposition et un espace de résidence (4 studios). Contact : Mme Ga-Yeon KIM, royalpp@sfac.or.kr

Shindang Creation Arcade (inauguré en 2009)

Dans ce centre commercial souterrain ont été aménagés 40 studios, des salles d’exposition et des ateliers. Ce lieu est plus particulièrement dédié au design et aux métiers d’art. Il s’agit d’un lieu de création (pas de logement). 40 artistes ont été sélectionnés pour bénéficier d’un atelier pendant une durée de 18 mois. Un appel à candidatures sera lancé en novembre ou en décembre 2010 pour la deuxième édition. Contact : suhmg@sfac.or.kr

Moonlae Art Factory (inauguré le 28 janvier 2010)

Cette ancienne usine de métallurgie offre ateliers et vastes espaces destinés à la production d’œuvres des artistes invités et aux pratiques amateurs des habitants du quartier.

Le Centre de création de Gyeonggi

Inauguré en 2009, le centre se situe à environ à 50 km de Séoul. Il met en œuvre un programme de résidence de création pour les arts visuels et numériques, des résidences de recherches destinées aux conservateurs, critiques d’art, commissaires d’exposition et écrivains. Contact : Mme Sarah OH, gcc.infomail@gmail.com, tél : 82 (0)32-890-4820

Lieux

Mis à jour le 25 Avril 2012
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