Croatie

Scène locale

Fondé en 1954, le musée d’art contemporain de Zagreb est rapidement devenu un lieu de référence en accueillant dès sa création les grands artistes de l’époque (Vasarely, Le Parc, Piene ou  encore Soto) et des théoriciens de l’art renommés tels qu’Abrahams Moles et Umberto Eco. Cependant, l’exigüité des lieux empêchant le musée de présenter correctement les 12 000 œuvres de sa collection, le projet de construire un nouveau bâtiment devint une priorité.

À l’issue d’un grand concours national d’architecture, c’est au croate Igor Franic qu’il a été demandé de concevoir ce nouveau lieu unique de la capitale qui a ouvert ses portes au public en décembre 2010. D’architecture fonctionnaliste, le musée surplombe le parc de la ville et dispose d’une surface de plus de 14 500 m2 sur trois niveaux afin d’accueillir à la fois des expositions permanentes (3 500 m2) et des expositions temporaires (1 500m2).

Il abrite des œuvres de mouvements artistiques majeurs tels que l’expressionnisme abstrait, la peinture informelle, le minimalisme, les débuts du conceptualisme, l’abstraction lyrique et géométrique, l’art conteptuel, fluxus, la trans-avantgarde. On y découvrira notamment le mouvement EXAT 51, le groupe Gorgona, ou encore le groupe des 6. De Dennis Adams à Annette Messager en passant par Julie Knifer, Sanja Ivekovic, Marina Abramovic, Mladen Stilinovic, Tomislav Gotovac, ou plus récemment Igor Grubic, le nouveau musée se donne pour mission de présenter et promouvoir l’art contemporain croate et international des années 1950 à nos jours grâce à une muséographie originale et dynamique.

Plusieurs installations enrichissent l’espace muséal : le « Toboggan » (« Tobogan ») de Carsten Höller,  « Les yeux de la purification » (« Oci procišcenja ») de l’artiste polonais Miroslaw Balka, sur le toit «L’artiste au travail » (« Umjetnik pri radu ») de Dalibor Martinis,  « Cadres » (« Okviri ») d’Ivana Franke. Sur la terrasse, se trouve l’installation « Champ coloré » (« Bojno polje ») d’Ivan Božicevic, et dans la boutique du Musée, « Polyptique de l’alchimie » (« Alkemijski poliptih ») de Silvio Vujicic.

Le Musée gère également la collection Richter, qui compte 182 œuvres, la collection Josip Seissl qui abrite 1358 œuvres, la collection Benko Horvat et ses 611 œuvres, les archives du photographe Tošo Dabac qui comptent 200 000 pièces inventoriées et enfin les 6000 travaux de la collection Ivan Kožaric. 

Il devrait constituer à terme non seulement un lieu de convergence à Zagreb, mais aussi un laboratoire vivant pour sensibiliser le public à l’art contemporain, un point de passage important en termes de tourisme culturel (pour rappel, la Croatie accueille 7 millions de touristes par an) et enfin une occasion de développer de nouvelles synergies au niveau régional avec les milieux d’art contemporain des pays voisins.

 

Les galeries d’art contemporain en Croatie sont très nombreuses, surtout à Zagreb, mais restent essentiellement tournées vers la promotion de produits « attractifs ». Faute de moyens et de cadre juridique adapté, elles ne remplissent pas toujours leur rôle de promotion des artistes.

 

LAUBA : l’expérience réussie d’une collection privée ouverte au public

Ouverte en mai 2011, la Maison de l’art, Lauba, est une expérience aussi unique qu’éclectique, qui est en passe de devenir à Zagreb un nouveau carrefour de l’art contemporain. Dans un ancien manège militaire, entièrement rénové, Tomislav Klicko entrepreneur, collectionneur et mécène depuis près de 30 ans, a décidé de créer un espace, pour sa collection, ouvert au public et aux artistes. En quelques mois, ce lieu (qui abrite également l’entreprise de Tomislav Klicko)  est vite devenu incontournable par la richesse des événements qu’il propose très régulièrement. A l’écoute des artistes, l’espace de LAUBA se module aisément au gré des actions, concerts, conférences, expositions personnelles, qui mettent en avant le nouveau visage de l’art contemporain croate et lui offrent une véritable vitrine. On y découvrira ainsi les œuvres de Lovro Artukovic, Marija Ujevic Galetovic, Kristian Kožul, Lala Rašcic, Ines Krasic, Ivana Franke, Slaven Tolj, Silvio Vujicic, Siniša Majkus, Zlatko Kopljar, Igor Ruf, Nika Radic, Zlatan Vehabovic …

Rédacteur : Ina Pouant, attachée culturelle - directrice adjointe Institut Français Zagreb

Contact : Bogoviceva 1/II 10 000 Zagreb - Croatie

Tél : + 385 1 48 55 222

institut@amba-france.hr

ina.pouant@ambafrance.hr

Echanges internationaux

Les artistes croates qui œuvrent dans le champ de l’art contemporain ont accru leur mobilité ces dernières années et, pour certains, sont inscrits dans des projets de grande envergure. On citera notamment le collectif whw, composé de quatre jeunes femmes curatrices / artistes  (commissaires d’exposition de la biennale d’Istanbul en 2009, pavillon croate pour la Biennale de Venise 2011 ).

En France, les artistes croates commencent à être reconnus comme en témoigne la présence de huit artistes croates (sur une quarantaine) pour l’exposition « Mémoires du passé » organisée par le Centre Georges Pompidou en 2010. L’œuvre de Sanja Ivekovic, ou encore celle d’ Ivan Kozaric sont bien représentées.  On citera également, le plasticien Ivan Picelj, fondateur du mouvement  Exat 51 (Avant-garde dans les années 50 à Zagreb) et décédé récemment, présenté en France par la galerie Denise René, ou encore le travail de la Galerie Frank Elbaz à Paris qui présente notamment le travail de Julije Knifer, et de Josip Vanista, figures majeures du mouvement Gorgona.

Par ailleurs, chaque année, six artistes croates sont invités à la cité des arts dans le cadre de ses programmes de résidence.

Parmi la jeune génération, l’artiste Ivana Franke, artiste invitée à la biennale de Venise en 2007 ainsi que David Maljkovic (La Triennale, 2012) recueillent aujourd’hui une reconnaissance internationale.

Malgré une volonté affichée d’ouverture, la programmation des musées et galeries reste très majoritairement nationale, essentiellement pour des raisons budgétaires mais aussi pour des raisons identitaires (la Croatie, jeune état, valorise beaucoup ses propres artistes). Les artistes étrangers sont relativement peu représentés dans les collections permanentes du musée d’art contemporain de Zagreb, le budget d’acquisition étant réduit. Les œuvres étrangères sont souvent liées à des dons. Les quelques œuvres françaises (Boltanski, Ben Vauthier) sont des pièces mineures et assez anciennes.

Cependant,  qu’il s’agisse du Musée d’art contemporain ou des galeries publiques (Klovicevi Dvori, Galerija Moderna), les institutions croates sont très intéressées par des expositions internationales et françaises en particulier. Faute de moyens et de réels contacts avec des établissements étrangers, peu d’expositions sont pourtant prévues (une exposition Guilbert & George en 2010, une exposition française, « L’Amour du risque » montée en avril 2012 en collaboration avec Platform, (Regroupement des Fonds Régionaux d’Art Contemporain), sous commissariat croate (Leila Topic, conservatrice au Musée d’Art Contemporain).

Cependant, la préparation et l’organisation du festival culturel croate en France (automne 2012) devrait permettre de renforcer les échanges entre les directeurs des institutions françaises et de nombreux artistes croates. Si la Triennale organisée au Palais de Tokyo a d’ores et déjà mis en avant l’œuvre du scultpeur Ivan Kozaric et celle de David Maljkovic, l’automne 2012 donnera à voir et à découvrir le travail d’artistes tels que Damir Ocko, Mladen Stilinovic, Sanja Ivekovic, Igor Grubic, Igor Eskinja et beaucoup d’autres encore.

En dix mois, près d’une trentaine d’institutions ou festivals français se sont rendus en Croatie et de nombreux projets sont déjà à l’étude pour les années à venir (Expositions personnelles, prêt, accueil en résidence…).

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

L’ouverture du Musée d’Art Contemporain à Zagreb a constitué l’axe majeur de la politique culturelle de ces dernières années en Croatie.

Cette orientation du ministère de la Culture vers l’art contemporain est importante et notable dans un pays où la politique culturelle a, depuis l’indépendance, été plutôt axée vers la préservation du patrimoine, (stratégie de développement du tourisme culturel).

Le ministère de la culture, la ville de Zagreb, et certaines régions sont les principaux bailleurs de fonds des musées, des galeries ou des festivals dédiés à l’art contemporain.

Lieux

Mis à jour le 11 Mai 2012
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  • Klovicevi Dvori Gallery

    Zagreb Tourist Board
  • Zagreb Museum of Contemporary Art

    Martin Deutsch
  • Zagreb Museum of Contemporary Art

    Deymos