Emirats Arabes Unis

Scène locale

Formée en 1971, la fédération des Emirats Arabes Unis se compose de sept émirats. C’est un pays ‘jeune’, notamment dans le domaine artistique. Le bouillonnement artistique palpable à Dubai et les grands projets culturels initiés par l’Emirat d’Abou Dabi datent de moins de dix ans. Seule une poignée d’artistes locaux commence à émerger sur la scène nationale et régionale. Très peu d’artistes émiriens sont reconnus au niveau international.

 

De par la présence de nombreuses galeries d’arts et de par l’organisation de diverses manifestations artistiques de grande envergure, Dubai est le centre névralgique de la vie artistique et culturelle des Emirats Arabes Unis et le lieu principal de résidence des artistes (locaux ou étrangers) dans le pays. En parallèle, l’Emirat d’Abou Dabi, le plus grand et le plus puissant des sept émirats qui composent le pays, développe des programmes ambitieux (foire internationale d’art contemporain, ouverture de nombreuses institutions culturelles dont le futur musée du Louvre Abou Dabi, etc.) et multiplie les initiatives afin de former et de stimuler les jeunes artistes locaux et ainsi préparer la perspective de l’« après-pétrole ».

 

L’offre artistique est plus étoffée à Dubai, où le nombre de galeries d’art et de fondations est beaucoup plus important.

 

Depuis plus de trente ans, Sheikh Sultan bin Mohammed Al Qassimi, émir de Charjah, multiplie les initiatives pour faire de sa ville un ‘îlot culturel’, destiné à la promotion de l’art contemporain et du débat. Charjah accueille une vingtaine de musées ainsi que quelques espaces d’expositions dont la très belle Fondation Barjeel qui promeut l’art local et régional. Par ailleurs, l’émirat accueille depuis 1993 une Biennale d’art contemporain rendue dernièrement célèbre, suite au retrait d’une œuvre de l’artiste algérien Mustapha Benfodil, jugée ‘subversive’ et au licenciement du directeur de la Biennale, Jack Persekian. 

Abdul Qader Al Rais : né à Dubai, de loin l’artiste émirien le plus célèbre. L’artiste, qui puise son inspiration auprès de grands maîtres français (Monet, Renoir et Pissaro)  a été récompensé à plusieurs reprises et expose à travers le monde entier. Son oeuvre a été acquise par le British Museum, le Berlin Museum et le Shangai Contemporary Art Museum.

Hassan Sharif : né en 1951 à Dubai, Hassan Sharif étudie à Londres, au sein de The Byam Shaw Scool of Art. De retour aux Emirats, il fonde la Société émirienne des Beaux Arts et met en place des ateliers artistiques à travers le pays. Considéré comme le premier des artistes émiriens ‘conceptuels’, il fait à plusieurs reprises partie du comité de sélection de la Biennale de Charjah et réalise le pavillon émirien de la dernière Biennale de Venise. Hassan Sharif publie souvent des articles ou des caricatures dans les journaux locaux. 

Jalal Luqman: une des figures de proue de la ‘nouvelle génération’. Co-fondateur de la galerie Ghaf (http://ghafgallery.blogspot.com/)  le businessman Jalal Luqman est surtout connu pour ses ‘peintures digitales’ qui s’exposent aux Etats-Unis et au Japon.

Wasel Safwan : jeune peintre de formation architecturale, il enseigne dans diverses universités locales (United Arab University, Zayed University, Higher Colleges of Technology et Al Hosn University) et participe régulièrement à des expositions (République tchèque, Chine etc.).

Najat Makki : première émirienne à obtenir une bourse pour étudier les Beaux-arts à l’étranger, elle est diplômée en sculpture et docteure en philosophie de l’art. Basée à Dubai, elle multiplie les initiatives afin d’encourager la jeunesse locale à étudier les Beaux-Arts.

Certains des plus grands collectionneurs internationaux ont élu domicile aux Emirats Arabes Unis. L’ouvrage de Hossein Amirsadeghi, "Arts and patronage in the middle east" les recense. A Dubai, Farhad Farjam a ouvert la Fondation Farjam qui lui permet de présenter sa collection privée au public et Ramin Salsali y inaugure un musée en septembre, le ‘Salsali Museum’.

En attendant la prochaine ouverture des musées à Abou Dabi, l’accès à la scène artistique contemporaine et notamment française reste temporaire et se fait pour la plupart via les galeries d’arts ou les foires internationales (où les galeries françaises sont plutôt bien représentées). A l’exception de ces espaces et ces évènements, les artistes contemporains ont relativement peu l’occasion d’exposer dans le pays et ainsi de gagner en visibilité. L’ouverture du musée Guggenheim changera peut-être la donne.

Les institutions publiques émiriennes ont acquis quelques œuvres d’artistes français. Il en est ainsi de  l’œuvre ‘les enfants du monde’ de Rachid Khimoune et de la sculpture monumentale ‘Tolérance’ de Guy Ferrer qui orne l’entrée de la Cour du Prince héritier d’Abou Dabi.   

 

Rédacteur : David Bertolotti

david.bertolotti@diplomatie.gouv.fr

Echanges internationaux

Les Emirats Arabes Unis bénéficient d’un pavillon national à la Biennale de Venise en 2009 et 2011 et à l’Expo 2010 de Shanghai, en Chine.

Jalal Luqman est un artiste émirati liant l’art au monde du digital. Il a déjà exposé ses oeuvres aux Etats-Unis, au Japon et en Egypte. Depuis 2009, Wasel Safwan est un artiste émergent à l’international (participation à des expositions en République Tchèque et au Japon). L’artiste Mohamed Abdul Latif Kanoo a lui aussi été sollicité par l’étranger.

Aides publiques et financements privés

Acteurs publics et privés convergent vers la même intention : sensibiliser le jeune public émirien à l’art et le former afin de constituer une ‘élite’ nationale d’artistes et de gestionnaires culturels capables, à terme, de supplanter les expatriés. Un phénomène perceptible dans les trois grands Emirats : Dubai, Charjah et Abou Dabi.

Secteur public : 

Abu Dhabi

ADACH : Abu Dhabi Authority for Culture and Heritage (ancienne Abu Dhabi Cultural Foundation) existe depuis 2005 et a pour but « d’ encourager la créativité dans les domaines de la culture et du patrimoine, de promouvoir la culture et le patrimoine d’Abou Dhabi au niveau régional et international, de mettre en lumière le travail des artistes émiriens, de créer de nouvelles opportunités pour le développement et l’épanouissement des artistes et des praticiens émiriens et d’enrichir l’agenda et le curriculum culturels d’Abou Dhabi ».

TDIC : La « Tourism Development & Investment Company » (TDIC), responsable de nombreux projets de développement sous la haute autorité du gouvernement d’Abou Dabi, est en charge du projet de l’ile de Saadiyat d’Abou Dabi. Le District Culturel sera un quartier composé d’établissements culturels de renom : le musée universel du Louvre Abou Dabi, dont le projet architectural est conçu par Jean Nouvel, le musée du Guggenheim Abu Dhabi, imaginé par Franck Gehry, un Centre des Arts vivants, de Zaha Hadid, un Musée maritime, de Tadao Ando, et le Cheikh Zayed National Museum, de Norman Foster. Ce District Culturel sera intégré dans un nouvel ensemble urbain de 150 000 habitants, à quelques encablures du centre historique d’Abou Dabi.

Dubai

DCAA : Dubai Culture and Arts Authority est fondé en 2008 par Sheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, émir de Dubai. Entité gouvernementale chargée du développement des événements et des projets culturels associés au patrimoine, l’organisme vise à encourager le développement de l’expression artistique en contribuant à la création d’infrastructures et au financement de projets et d’événements culturels.

Charjah

Emirates Fine Arts Society: fondée en 1980 à Charjah, des antennes se sont depuis développées à Abou Dabi, Ras Al Khaimah et Khor Fakkan. En organisant des séminaires, des conférences et des ateliers (peinture, scuplture, photographie etc.), la société des Beaux Arts vise à promouvoir l’éducation artistique en sensibilisant le public émirien à l’art.

 

Secteur privé :

Via le système du sponsoring, le secteur privé (entreprises émiriennes ou étrangères, individus) est systématiquement sollicité et donc régulièrement associé aux grands évènements culturels. Ainsi, de 2007 à 2009, plus de 250millions de dirhams ont été versés pour la mise en œuvre de projets artistiques visuels (peinture, sculpture, calligraphie, photographie etc.) à Dubai.

Afin d’encourager les initiatives individuelles, Cheikh Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, émir de Dubai, crée en mars 2008 le Prix ‘Patron of the Arts’ (www.patronsofthearts.ae).

Programmes de résidences

La Sharjah Art Foundation a été la première à mettre en place ce concept, encore peu populaire aux Emirats Arabes Unis. En octobre 2010, l’Ambassade de France, l’Emirates Foundation et la Zayed University accueillent la première résidence d’un artiste français aux Emirats Arabes Unis. L’expérience devrait être renouvelée en octobre 2011 avec un designer graphiste.

Lieux

Mis à jour le 25 Avril 2012
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