Estonie

Scène locale

L’Estonie est un pays particulièrement friand de culture, notamment de théâtre et de musique. Il est classé comme le second pays le plus consommateur de culture dans l’Union Européenne (après la Suède). Si l’appareil d’Etat est présent, il pèse peu et tend à  accorder de l’indépendance aux établissements culturels ; il réduit ses subventions et promeut l’entreprenariat. De nombreuses structures indépendantes animent désormais la vie culturelle estonienne.

Le Musée d’Art d’Estonie (auquel appartient le musée Kumu) et le Musée d’Art de Tartu sont les deux grands musées d’Etat participant à la collection et à la promotion du patrimoine artistique estonien et de l’art contemporain. Il existe aussi de nombreuses galeries notamment dans la capitale: certaines sont sous l’égide de l’Association pour les Artistes estoniens ; d’autres sont municipales ou privées. La plus grande institution de ce type est le Kunstihoone, la galerie de la ville de Tallinn.

L’art contemporain est promu par le Centre pour les Arts Contemporains (Kaasaegse Kunsti Eesti Keskus). Ce centre collecte et échange des informations sur l’art contemporain, il agit comme médiateur entre l’art estonien et la scène internationale. Le centre prépare l’exposition estonienne à la Biennale de Venise, et de tout autre événement ayant lieu à l’étranger. Le Centre Estonien pour le Développement de l’Art Contemporain joue un rôle similaire mais travaille davantage avec les galeristes estoniens.

Autre trait marquant, l’Estonie est aussi très tournée vers le développement des nouvelles technologies : la numérisation de l’ensemble des archives (aussi bien les documents possédés par les bibliothèques que les œuvres et expositions des musées) est en cours. L’accent a été mis sur les industries créatives (mode, design, architecture, jeux vidéo, …) depuis 2008, notamment en s’appuyant sur des fonds européens. Un réseau d’établissements a été créé afin de promouvoir et d’accompagner la création d’entreprises : il inclut une structure tutélaire (Entreprise Estonia), une s’occupant principalement de la communication et de la formation des entrepreneurs (Creative Estonia), trois incubateurs et de nombreux centres de développement. Les jeux vidéo sont un secteur en pleine croissance et qui s’exporte facilement (l’entreprise PlayTech Estonia par exemple exporte 100% de sa production).  Le design est lui en retrait et rencontre davantage de difficultés.  Néanmoins la volonté de promouvoir ce secteur, particulièrement auprès des entreprises afin d’augmenter leur compétitivité, est forte aussi bien au ministère de la Culture que dans les autres établissements. Cela se concrétise par des événements tels que la Nuit du Design, par exemple, où l’association Design Estonia réunit les meilleures entreprises estoniennes du secteur.

L’Académie des Arts et la Baltic Film and Media School sont les deux principales institutions offrant une formation en arts visuels. 

 

Echanges internationaux

Les échanges internationaux sont considérés comme vitaux non seulement d’un point de vue économique (pour le développement du tourisme notamment), mais aussi afin d’assurer la survie de la culture estonienne face à la mondialisation.

Chaque secteur possède un centre de développement dont le but est d’assurer l’exportation des produits culturels à l’étranger. Par exemple, le Centre Estonien pour le Développement de l’Art Contemporain (Eesti Kaasaegse Kunsti Arenduskeskus) finance la venue de donateurs et acheteurs potentiels en Estonie ; le Centre d’Architecture (Eesti Arhitektuurikeskus) organise la venue des Estoniens à la Biennale de Venise ainsi que la mise en place de la Biennale de Tallinn.

En ce qui concerne les industries créatives, l’exportation est d’autant plus suivie que le marché estonien est trop étroit pour se suffire. Des organismes comme Entreprise Estonia et Creative Estonia ou encore les trois incubateurs (à Tallinn, Tartu et Viljandi) ont, par exemple, pour but d’accompagner les entreprises de design (secteur prioritaire) et de les aider à s’insérer dans le marché international.

Les nombreux festivals tendent aussi à promouvoir l’art estonien auprès d’opérateurs étrangers et à accueillir de nombreux artistes étrangers en vue de favoriser les échanges. On peut citer le festival des Nuits Noires PÖFF (cinéma) dont la renommée ne cesse de croître.

En ce qui concerne la représentation de l’Estonie à l’étranger, l’Institut Estonien est un organisme non gouvernemental financé par le gouvernement. Il diffuse des informations sur la culture estonienne à travers la publication de magazines et de brochures. Il possède une antenne à Helsinki et une à Budapest. De plus, six attachés culturels sont en poste à Paris, Londres, Bruxelles, Helsinki, Moscou et Washington. La création d’un poste en Asie est envisagée.  

L’Estonie collabore avec de nombreux pays, même si les contacts avec les pays voisins sont plus fréquents (pays scandinaves, Russie, pays baltes). La Chine est aujourd’hui un pays prioritaire pour le Ministère de la culture.

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

Au niveau étatique, le ministère de la Culture supervise ce secteur. Des fonds sont alloués pour financer les projets artistiques, ainsi que les activités des musées, galeries et autres institutions. De manière générale, les grands musées, institutions ou festivals ayant déjà acquis une renommée considérable reçoivent des subventions du Ministère.

Ces subventions tendent à se concentrer sur un nombre limité d’établissements. L’échec  de la réforme des musées en 2009 (qui visait à regrouper tous les musées d’Etat sous une seule administration) a mené à une gestion au cas par cas des musées régionaux d’Etat. Certains musées sont devenus des fondations privées (subventionnées mais dotées d’un conseil d’administration indépendant), d’autres ont été cédés aux municipalités, d’autres ont fusionnés avec des musées municipaux, d’autres encore, après consultation de la municipalité et de la population, ont été fermés.

Le budget du Ministère, après une baisse de 7% entre 2012 et 2013, s’élève à présent à 156 millions d’euros. Le montant des subventions est logiquement lui-aussi en baisse : les établissements pallient à ce manque en augmentant le prix des billets, ce qui limite l’accès des classes modestes aux arts.

Deux autres institutions financent la culture. Le Fonds estonien pour la culture (Eesti Kultuurkapital) subventionne les projets de taille modeste et les établissements récents et non-établis dans l’ensemble des secteurs artistiques. Son budget est en 2013 de 23 millions d’euros. Le Conseil de l’impôt sur les jeux de hasard (Hasartmängumaksu Nõukogu) soutient quant-à-lui les projets semi-professionnels et amateurs. Ces deux institutions sont financées par la taxe sur l’alcool et les jeux de hasard. Elles pourraient fusionner prochainement.

Les municipalités financent aussi la production culturelle : le service culturel de la ville de Tallinn supervise un réseau de galeries d’art contemporain appelé Kunstihoone par exemple. Il existe aussi dans la capitale un grand nombre de galeries d’art indépendantes.

Secteur privé : 

La Fondation Culturelle Nationale d’Estonie (Sihtasutuse Eesti Rahvuskultuuri Fond) est une  association à but non lucratif dépendant de donations privées qui finance entre-autres des projets culturels. Leurs revenus sont en baisse depuis plusieurs années (de 531 852 euros en 2009 à 249 442 euros en 2012). La fondation n’a dépensé que 34 000 euros en 2012 pour ce secteur. 

Programmes de résidences

-Kultuurikatel : 

Hub culturel créé par la ville de Tallinn, Kultuukatel se situe dans une ancienne usine désaffectée. Le lieu est encore en rénovation. L’ouverture de la résidence est néanmoins prévue pour septembre 2013, le but étant de faciliter la coopération et la création interdisciplinaires.

- Polymer Kultuuritehas : 

Polymer est un centre culturel qui s’est installé dans les années 1990 dans une ancienne fabrique soviétique de jouets à Tallinn. Il rassemble de nombreux artistes en résidence, venant de pays très divers (Lituanie, Australie, Canada, Etats-Unis, Finlande, …). La plupart des résidents viennent pour l’été, mais certains y vivent depuis plusieurs années.

L’accent est mis sur les arts visuels et performatifs. La synergie et les échanges entre artistes permettent d’abroger les limites entre les différents arts. Des expositions d’artistes en résidence sont organisées régulièrement, ainsi qu’un festival fin août.

-Creative Center of Tartu :

Le programme TAIR souhaite développer les collaborations entre artistes et créer une atmosphère d’ouverture et de créativité afin de conforter la ville de Tartu dans son statut de ‘City of good Thoughts’. En 2013, un accent particulier a été mis sur le thème du développement durable et du recyclage.

-MOKS à Mooste : 

Situé dans un petit village d’environ 500 habitants au sud de l’Estonie, ce centre culturel comprend trois studios (cuisine et salle de bain partagées) spacieux et confortables, avec accès à internet.

Lieux

Mis à jour le 2 Août 2013
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