Etats Unis

Scène locale

L’offre artistique est très riche aux USA, en accord avec la taille de son territoire. Plusieurs observateurs ont donc parlé de scène fragmentée, donc difficile à appréhender en bloc homogène. Certaines biennales récentes, comme celles de Santa Fe, de la Nouvelle-Orléans ou de Performa (New York) ont réussi à s’inscrire positivement dans le paysage des arts visuels aux États-Unis. New York reste néanmoins la capitale américaine en matière de culture, mais plusieurs centres nationaux actifs rayonnent internationalement.


En matière d’arts visuels, la vitalité d’une scène découle de ses pôles créatifs, qui sont incarnés par des personnes culturellement actives vers lesquelles le monde des arts se tourne. Ces lieux forment des cercles concentriques d’activité qui attirent artistes, institutions, collectionneurs… La notoriété des lieux évolue en fonction des personnalités qui les incarnent ainsi que des facilités budgétaires qui les accompagnent.

Los Angeles fait désormais de son ouverture à l’international une priorité. Le Getty Research Center finance à hauteur de dizaines de millions de dollars une gigantesque manifestation « Pacific Standard » prévue à l’automne 2011 dans plus de cinquante institutions de Los Angeles qui rendra hommage à la scène artistique de la ville de 1950 à 1980 (en réponse à l’exposition du Centre Pompidou « Los Angeles : naissance d’une capitale artistique »). Il s’agit pour Los Angeles d’affirmer sa place de « nouvelle capitale des arts » des Etats-Unis auprès notamment d’une Europe qui la comprend mal, contrairement à l’Asie (un proverbe dit que « Los Angeles regarde vers l’Asie quand New York regarde vers l’Europe »).
A l’automne 2012, le SCAC est initiateur d’un projet (Paris-LA en collaboration avec plusieurs institutions et galeries de la ville. Le nombre de galeries et de collectionneurs ne cesse de croître dans la circonscription. Santa Fe Santa Fe situé au Nouveau-Mexique est en train de s’imposer comme un lieu intéressant par la qualité de ses expositions, de son board et des collectionneurs, ainsi que de sa biennale.

Atlanta

 La diversité des structures, des lieux et de leur histoire font de cette région (Alabama, Caroline du nord, Caroline du Sud, Géorgie, Mississipi et Tennessee) un espace particulièrement riche. Le coût des productions ou des résidences y est moins élevé que dans d’autres etats. Il est en revanche nécessaire d’y consentir plus d’efforts en termes de communication pour avoir la plus grande visibilité. Les fondations dans le Sud sont plutôt conservatrices. Les collectionneurs d’art contemporain sont plus nombreux, mieux informés et stimulés en Alabama et en Caroline du Nord qu’en Géorgie notamment en raison de la présence d’institutions et de structures émergentes dédiées à l’art contemporain. L’essentiel du soutien des structures émergentes vient des Fondations nationales (Andy Warhol, NEA..) et des collectionneurs.


Houston et sa région

Le dynamisme et la croissance démographiques du Texas, peu freinés par la crise économique que le reste du pays a traversé en 2009, constituent des conditions favorables au développement d’une activité artistique importante, de la peinture à l’architecture, de la sculpture au design. Houston ainsi que les grandes villes de la région accueillent de plus en plus de créateurs intéressés par des villes en perpétuelle construction, des milieux moins compétitifs et une scène culturelle en devenir.

Boston

Outre l’Institute of Contemporary Art (ICA), consacré par essence à l’art contemporain, on constate que des musées plus « traditionnels » s’ouvrent de plus en plus (MFA, Isabella Stewart Gardner Museum, Peabody Essex Museum).


Le rôle joué par les grands collectionneurs (Eli Broad, Dean Valentine, Blake Byrne) est capital à Los Angeles. De plus en plus prescripteurs, ce sont eux, plus que les galeries ou les critiques d’art, qui lancent véritablement les carrières des jeunes artistes sur un marché encore très ouvert, curieux et sans préjugé.


Dans les métropoles, les Américains sont souvent ouverts et curieux des scènes étrangères. Pourtant leur connaissance des arts visuels français repose généralement sur le patrimoine et non sur la création contemporaine, mal connue. L’information sur la création contemporaine passe donc en premier lieu par les canaux professionnels qui se font ensuite les relais auprès du public. L’information et la communication auprès des professionnels est donc fondamentale pour une meilleure diffusion, et est en partie aussi déterminée par la programmation montrée en France.


Les invitations aux professionnels mises en place depuis quelques années sont donc un outil probant. Preuve néanmoins de l’enthousiasme américain pour la création française, les trois biennales internationales existant aux Etats-Unis (Santa Fe, Nouvelle Orléans, Performa) ont invité depuis leurs débuts des artistes français à y participer (Anne Deleporte, Pierre et Gilles, Sophie Calle, Giraud et Siboni, Loris Gréaud, Dominique Gonzalez-Foerster, Cyprien Gaillard, Aurélien Froment…). La publication « French Connection », a par ailleurs permis, dès 2009, d’aider à une meilleure diffusion et appréhension de la scène française.


San Francisco

La situation dans la circonscription est paradoxale : si les milieux culturels sont à la fois généralement francophiles, curieux de la production contemporaine et au fait de la scène française, le public et les donateurs privés sont souvent dans une attitude de révérence vis-à-vis d’un patrimoine français dont la valeur symbolique reste très élevée. Les responsables des grandes institutions sont ouverts aux propositions, mais sont souvent contraints de tenir compte des références connues de ceux qui les soutiennent et les financent. Présenter des artistes français contemporains, même connus, constitue dans ces conditions un risque. En ce qui concerne les galeries, le marché paraît plus concentré sur les artistes américains. Les résidences d’artistes, le travail avec les partenaires les plus audacieux et les plus ouverts tels que Artnow International, SFAI, CCA, Henry Art Gallery, PICA par exemple, permettent de sensibiliser les acteurs et les publics locaux à la scène française.

Los Angeles

Comme le soulignait récemment Paul Schimmel, curateur en chef du MoCa, la perception des artistes français s’est améliorée ces dernières années. Cela est dû en partie au plus grand « professionnalisme » des plasticiens français (pour reprendre le mot de Schimmel) qui savent mieux s’exporter, et en partie à la plus grande ouverture de la ville à l’international. Los Angeles est aussi une source d’inspiration considérable pour un certain nombre d’artistes, de Sophie Calle à Pierre Huygue en passant par Xavier Veilhan. Les Français ont toujours été fascinés par les avant-gardes angelinos des années 1950-1980 et la nouvelle génération (Fabien Giraud & raphael Siboni, Camille Henrot, Aurélien Froment, Neil Beloufa, Cyprien Gaillard, Matthieu Laurette…) continue de se passionner pour la Californie du Sud. Ainsi, si les galeries françaises font encore trop peu le déplacement à Los Angeles (hormis Emmanuel Perrotin), ce sont les artistes eux-mêmes qui prennent l’initiative de venir sur la côte ouest pour se faire connaître, collectionner et exposer davantage.

Miami

Même si un certain nombre de professionnels américains manifestent un intérêt pour la création plastique française, la présence d’artistes plasticiens et la diffusion de l’art contemporain français dans la circonscription reste faible, en particulier face à la représentation importante de l’art sud-américain. Un seul artiste français reconnu réside en Floride : Dominique Labauvie, qui fut dans les années 80 et 90 représenté par la galerie Maeght et qui a reçu en 2009 le prestigieux « Gottlieb Award ». Il faut également noter la présence de l’ingénieur artistique Olivier Haligon (« Haligon Fine Art », Miami), référence internationale comme atelier de fabrication de sculptures (Niki de St Phalle, Dubuffet, César, Hervé Di Rosa, Marcel Wanders…) et de l’éditrice d’estampes Erika Schneider qui tient la galerie-atelier « Bleu Acier » à Tampa. Peu de galeries françaises parviennent à se maintenir dans la durée.
La Française Carol Jazzar a ouvert une galerie à son domicile en 2005 ; elle montre surtout des jeunes artistes, pour la plupart floridiens et quelques français.Hélène Lamarque a ouvert en 2009 une galerie du même nom à Miami ; elle présente des artistes français et indiens.
La galerie « Bleu Acier » à Tampa présente majoritairement des artistes français (Dominique Labauvie, Pierre Mabille, Hervé Di Rosa…). Plusieurs autres galeries parisiennes ont ouvert une antenne à Miami ; n’étant opérationnelles que durant Art Basel, elles n’ont aucune implication sur la scène locale.
La question première reste la visibilité des artistes français pendant Art Basel Miami Beach. Les galeries françaises sont présentes à la hauteur de leur poids relatif dans le marché international de l’art contemporain. Les précédentes manifestations initiées par la France, dont les dernières en date furent une exposition du FNAC au Bass Museum (2005) et « French Kissing in USA » (2007) n’ont pas eu l’écho escompté, compte tenu, sans doute, de la multiplication des manifestations pendant la semaine de la foire.

Boston

Les plasticiens français bénéficient d’une bonne image chez les professionnels locaux. Les grands noms (Boltanski, Messager) sont très respectés. Il manque peut-être cependant un « savoir vendre » et un plan marketing afin de rendre les artistes français plus « tendance » et « à la mode », si du moins tel est le but recherché. Dans ce cas, il faudrait certainement s’appuyer sur une nouvelle génération de galeries très présentes à l’international (comme Emmanuel Perrotin).

 

Rédacteur : Armelle Pradalier, chargée de mission Arts visuels

Contact : armelle.pradalier@diplomatie.gouv.fr

Echanges internationaux

Atlanta

La présence d’Art Papers est un atout important pour la valorisation de la présence d’artistes français dans la région.

Miami et sa région

Un certain nombre de professionnels américains manifestent un intérêt pour l’art contemporain français. C’est en particulier le cas de William Jeffet, commissaire chargé des expositions au « Dali Museum » de St Petersburg, francophile et francophone, connaisseur reconnu de la Figuration narrative et de la Figuration libre. Deux personnalités, responsables d’institutions importantes de Miami, ont des liens avec la jeune scène française :


- Silvia Cubina, Directrice du Bass Museum - Bonnie Clearwater, directrice du Museum of Contemporary Art (MOCA) de Miami


On retiendra également les responsables du Wolfsonian Museum (Design et vie quotidienne), qui présenteront en 2011 une importante exposition à partir des collections de Design du Fonds national d’art contemporain (FNAC), ainsi que l’intérêt marqué de Terence Riley, personnalité de premier plan de la scène architecturale américaine. Charles Stainback, commissaire chargé de la photographie au Norton Museum (Palm Beach) montre régulièrement des artistes français contemporains.

D’autres contacts s’amorcent avec le Museum of Fine Arts de St Petersburg, dont la conservatrice Jennifer Harding est francophile, le MOCA de Jacksonville, le Museum of Art de Fort-Lauderdale, le South Florida Art Center à Miami Beach, ainsi que le Museo Arte Contemporaneo et le Centre d’art privé de Dorado Beach à Porto Rico. Chacune de ces institutions affiche des intentions en faveur de l’art contemporain français ; mais le contexte économique actuel freine les projets transatlantiques.

Au sein des universités, quelques contacts à retenir dont Richard Shusterman, philosophe et francophone, professeur à Florida Atlantic University (Broward County) qui entretient des liens intellectuels avec plusieurs artistes français sur la question du corps (Tatiana Trouvé, Orlan…)
- Le Harn Museum (University of Florida, Gainesville) - Le « Graphic Studio » de University of South Florida à Tampa • Le Frost Museum de Florida International University à Miami avec lequel le projet d’exposition des œuvres d’artistes dans les collections de Floride se prépare pour l’automne 2011.
Enfin, en liaison avec plusieurs partenaires publics et privés, le Service de coopération et d’action culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France travaille à la mise en place d’une résidence pour un artiste français à Miami.


Boston

- Le List Visual Arts Center situé au MIT est probablement l’institution la plus accueillante pour les artistes français et le partenaire principal de la France ces dernières années.


- Le Carpenter Center for Visual Arts situé à Harvard University est également un partenaire prestigieux et influent. Après avoir accueilli Pierre Huyghe en 2004 pour This is Not a Time for Dreaming , une installation très importante, le Carpenter a présenté en 2009 l’installation vidéo d’Agnès Varda Les veuves de Noirmoutier, projet grandement soutenu par les services culturels de Boston et NY. Dans son édition « Best of » publié le 30 décembre 2009, le Boston Globe est revenu sur ce projet et a salué The Widows of Noirmoutier dans sa liste annuelle des 10 meilleures expositions de l’année ("a moving chorus of gratitude, love, and sorrow").


Los Angeles

La Seconde édition de la Nuit Blanche Glow s’est déroulé à Santa Monica le 25 septembre 2010. L’artiste français Céleste Boursier-Mougenot, avec l’aide du SCAC et de la Fondation Flax (France Los Angeles Exchange).

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

La situation des arts visuels aux USA est marquée par l’absence d’impulsion au niveau fédéral. En l’absence de soutien public centralisé à la création, les États-Unis mettent en œuvre des politiques de soutien aux arts visuels inégales et très diverses selon les états ou les villes. Il n’existe pas aux États-Unis d’institution nationale comparable au ministère de la Culture hormis le National Endownment for the Arts. Cette institution, basée à Washington, DC, et fondée en 1965, s’attache principalement à donner des bourses et des subventions aux artistes et institutions américaines. Le NEA a le statut d’une agence fédérale. L’absence de ministère de la Culture s’explique par la conviction que l’art n’est pas affaire d’état. Les arts visuels sont gérés dans le cadre des programmes musées, danse, design et médias. Au total, tous secteurs confondus, 125 millions de dollars sont donnés en subventions à travers le NEA chaque année. 20% de cette somme est affectée aux agences des états fédérés.


Au niveau des 50 états fédérés, il existe des départements ou des agences en charge des affaires culturelles. On estime à 330 millions de dollars le budget alloué par les états à la culture. La doctrine du « one per cent for art » qui veut que 1% du budget global soit affecté à la culture est largement répandue. Par exemple, dans l’état de New York, le New York State Council on the Arts (NYSCA) accorde 2500 subventions par an à des projets pour un budget de 37 millions de dollars. Les arts visuels ne représentent que 3% de cette dépense globale.


Au niveau des municipalités, des budgets importants sont consacrés aux actions culturelles. Par exemple, au niveau de la ville de New York, le Department of Cultural Affairs donne de l’argent aux 34 institutions culturelles dépendant directement de la mairie mais aussi à 1500 organisations ou structures établies sur le territoire de la ville de New York. Son budget global avoisine les 130 millions de dollars. Les musées et autres institutions artistiques américaines élaborent donc leur budget à l’aide de subventions publiques (municipalités, états ou état fédéral), de ressources propres, ainsi que grâce aux fondations et aux fonds privés. Il n’existe pas à priori de statistiques fédérales spécifiques aux arts plastiques.


Les fonds publics viennent donc appuyer un programme artistique, mais la participation des donateurs privés, notamment individuels est fondamentale à l’équilibre financier des institutions culturelles. La crise financière a fragilisé certaines institutions. La réaction des institutions à ces contraintes budgétaires nouvelles fut d’allonger les programmes d’exposition afin de minimiser les coûts d’installation et de transport, et de réduire en partie leurs invitations à des artistes étrangers. La crise financière depuis 2008 a fragilisé de nombreuses structures culturelles qui peinent à pouvoir financer leurs projets internationaux.


Los Angeles

Les politiques de soutien de l’art contemporain sont très faibles en Californie- crise à Los Angeles où la direction des affaires culturelles a failli déposer le bilan en 2009. Il faut en revanche noter le dynamisme des services culturels de la ville de Santa Monica, à l’origine notamment de la Nuit Blanche Glow, devenue une manifestation incontournable dans la région.
La culture aux États-Unis est très généralement une affaire locale et privée. Les particuliers (au moins autant que les entreprises) jouent un rôle crucial dans la culture aux États-Unis via des donations et les fondations. Les dons privés sont estimés à plus de 13 milliards de dollars par an. Une fondation comme la Rockefeller accorde plus de 52 millions de dollars de subventions par an.

Secteur privé : 

La culture aux États-Unis est très généralement une affaire locale et privée. Les particuliers (au moins autant que les entreprises) jouent un rôle crucial dans la culture aux États-Unis via des donations et les fondations. Les dons privés sont estimés à plus de 13 milliards de dollars par an. Une fondation comme la Rockefeller accorde plus de 52 millions de dollars de subventions par an.

Programmes de résidences

Los Angeles

Le SCAC a élaboré avec la ville de Los Angeles un partenariat pour accueillir un ou deux artistes francais en résidence chaque année. En 2011, Cyprien Gaillard est accueilli par le Hammer Museum.

San Francisco

- La Fondation Artnow International, d’une très grande vitalité, organise des résidences en partenariat avec une institution locale et accueille l’exposition qui l’accompagne. Les résidences organisées en partenariat avec le SCAC sont amenées à se développer.

- La Fondation Djerassi, qui accueille des artistes pour une durée d’1 mois.

- Kadist Art Foundation basée à Paris reçoit des artistes en résidence à San Francisco.
Houston et sa région.

- La Chinati Foundation et la Judd Foundation (Marfa), et les différentes structures culturelles de la ville peuvent accueillir des artistes du monde entier, en résidence ou en séjour libre.

- Artspace à San Antonio, centre de création contemporaine entretenant des relations privilégiées avec l’Amérique latine, mais également ouvert aux collaborations internationales.

- La Villa Dora Maar, en provence, co-propriété du Musée des beaux-arts de Houston (MFAH) et de la Brown Foundation, est une résidence pour artistes étrangers (Français et Américains étant naturellement les plus nombreux).

Lieux

Mis à jour le 25 Avril 2012
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  • The Art Students League of New York

    The Art Students League of New York
  • Kala Art Institute / Genevieve Quick

    Kala Art Institute
  • Art Omi International Arts Center / Gregor Kregar

    Art Omi International Arts Center