Lettonie

Scène locale

Depuis 2009, la gravité de la crise économique et les mesures drastiques prises pour  redresser une situation qui a approché la catastrophe, ont brutalement freiné les ambitions du pays en termes de grands travaux dans le domaine culturel.

On peut noter le report à 2014 du projet de transformation d’une ancienne usine électrique en Musée d’art contemporain. Même remarque pour la salle de concerts qui devait être construite à Riga sur les bords de la Daugava.

En revanche, les travaux en vue de la création du Centre Mark Rothko dans l’arsenal de l’ancienne forteresse de Daugavpils (2e ville du pays) ont démarré.

L’année 2011 est par ailleurs marquée par une légère reprise des activités : ainsi le Musée des arts étrangers installé jusqu’ici dans une aile du palais présidentiel a déménagé. Ses collections vont être redéployées dans le bâtiment de l’ancienne Bourse, totalement rénové pour l’occasion.

A l’initiative d’Helena Demakova (ancienne ministre de la culture), un lieu d’exposition intéressant situé dans une ancienne friche dans laquelle s’est installée également l’Ecole supérieure d’Economie (RISEBA) a récemment ouvert ; il pourrait être un point fort d’expositions dans les prochaines années.

 

En 2010, le budget du Ministère de la Culture a diminué de 49 % (après des coupes déjà sévères en 2009) et le montant du « Kulturkapitala fonds » (intégré au budget du Ministère de la culture et destiné à soutenir les artistes, les projets et les institutions dans le domaine artistique) de 70 % !

Aussi le titre de la série d’expositions, débats, manifestations diverses organisée en septembre dernier par un collectif d’associations résume-t-il bien la situation : « Survival kit ». L’opération – dont les deux éditions ont rencontré le plus vif succès et à laquelle ont participé avec le soutien de l’Ambassade de France Théo Mercier en 2009 et Benjamin Sabatier en 2010 – sera reconduite a priori chaque année et est intégrée au programme de « Riga 2014 – capitale européenne de la culture ».

En 2011, le budget du Ministère de la Culture a de nouveau été réduit et les différentes académies (des Beaux-arts, de la Culture, de la Musique) formant les étudiants dans les filières culturelles et artistiques ont, elles aussi, subi des coupes budgétaires importantes (ce qui a pour la première fois entrainé une manifestation de protestation organisée par l’Association des établissements supérieurs des arts).

Suite aux dernières élections législatives qui se sont déroulées en octobre 2010, Mme Sarmite Elerte (journaliste, ancienne rédactrice en chef d’un des journaux les plus lus « Diena »), a remplacé au Ministère de la Culture M. Ints Dalderis. Le Ministère a désormais en charge les questions d’intégration et d’identité nationale qui sont devenues une priorité.

La « scène » reste très vivante, investit de nouveaux lieux après en avoir abandonné d’autres, et essaie de s’adapter à une situation réellement difficile (l’une des conséquences : nombreux sont les artistes qui tentent d’obtenir une bourse pour un séjour à l’étranger ou qui essaient d’aller vivre et travailler quelque temps « ailleurs » : forte attraction de Berlin notamment et des pays scandinaves qui soutiennent beaucoup d’opérations et d’échanges dans le cadre de « Norden »). Norden élabore des programmes de mobilité sur 3 ans (le programme actuel couvre 2009-2011) à destination des artistes baltes Nordic-Baltic Mobility Programme.

On ne recense que deux à trois réels collectionneurs.

Les manifestations organisées pendant le « Printemps français » en 2007 ont réellement relancé la curiosité pour la création en France, y compris dans le domaine des arts plastiques grâce notamment à l’exposition d’œuvres des FRAC : "Fait en France" (commissaire : Philippe Piguet) et "Vie privée" dans le domaine de la photographie (œuvres du FNAC).

Les artistes, les critiques, les commissaires d’exposition ou certains responsables d’institutions sont intéressés par ce qui se passe en France et les jeunes artistes français ne sont pas absents. Mais le marché est fragile et les moyens faibles.

Il fut cependant possible en 2009 de présenter avec l’aide de la Collectivité Territoriale de Corse une exposition du Centre méditerranéen de la photographie, de même "Peindre en Normandie" a reçu un très bon accueil au Musée national des Beaux-arts en janvier 2010.

En 2011, l’exposition « Métamorphoses de la photographie artistique de mode » retraçant 50 ans de création photographique à travers des œuvres du CNAP présentée au Musée de arts décoratifs de Riga a été un très grand succès autant critique que médiatique et populaire. Une telle exposition d’envergure internationale est rarement présentée en Lettonie.

Rédacteur : Anne-Sophie Lelong

Contact : anne-sophie.lelong@ccf.lv

Echanges internationaux

Art Contemporain

Lors de l’édition 2011 de la Biennale de Venise, le commissariat de l’exposition lettone intitulée « Paix artificielle (Paysage contemporain) » a été assuré par Astrida Rogule et Daiga Rudz?te. Le travail de l’artiste Kristaps Gelzis était présenté au Palazzo Albrizzi.

La photographe Ieva Epnere et la commissaire et historienne d’art Inese Baranosvka ont participé au Festival des Arts de Reykjavik qui s’est déroulé du 20 mai au 5 juin 2011.

Vidéo

« To Swallow a toad », court métrage de Jurgis Krasons a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2010.

Mode

En 2009, un duo de stylistes lettons Marite Mastina et Rolands Peterkops ont remporté lors de la 24ème édition du Festival international de la mode et de la photographie d’Hyères le Grand Prix du Jury L’Oréal Professionnel ainsi que le prix 1.2.3.

L’intérêt pour les scènes étrangères est réel mais les organisateurs de manifestations comme les grandes institutions manquent des moyens nécessaires pour accueillir des manifestations de réelle envergure. Aussi est-il souvent fait appel aux artistes lettons, aux fonds des musées et aux artistes des pays voisins.

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

Les années croisées « Etonnante LEttonie » en France (2005) et « Un Printemps français » (2007) se sont déroulées au moment où la Lettonie connaissait encore une croissance à deux chiffres et où le Ministère de la Culture letton était dirigé (pendant plus de 4 ans) par Helena Demakova (francophone, francophile), qui a fortement marqué positivement la politique culturelle du pays.

Les coupes claires – dans le budget mais aussi dans les personnels et, pour ceux qui restent, dans les salaires – empêchent actuellement toute politique ambitieuse.

Toutefois, quelques grands rendez-vous – notamment la Biennale de Venise – restent absolument prioritaires ; idem, à Riga, pour la Quadriennale de la sculpture (2012). Enfin, la perspective : « 2014 - Riga, capitale européenne de la culture », oblige à préparer – pour la sortie de crise espérée – divers projets afin d’améliorer les conditions de production et d’échanges (il est par exemple indispensable de développer les résidences d’artistes).

Secteur privé :

Quelques galeries ont gagné en notoriété : Galerie XO, Galerie Riga 

Programmes de résidences

Les possibilités de « résidences » sont à ce jour peu nombreuses ; elles font l’objet d’une réflexion et sont généralement intégrées dans les projets en cours d’élaboration : c’est notamment le cas pour kim ?, Noass, le Centre Rothko, etc. …

Actuellement, tous les frais doivent être couverts par l’artiste ou par le pays d’origine.

Il semble que la ville de Riga, dans la perspective de 2014, ait l’intention de développer un programme de résidences pour artistes étrangers, mais ce n’est pour l’instant qu’une intention et la Ville confie généralement à l’Union des Artistes le soin de proposer logement et atelier à l’artiste retenu, mais les conditions d’accueil sont peu satisfaisantes.

Mis à jour le 25 Avril 2012
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