Argentine

Scène locale

La place artistique de Buenos Aires est de premier plan en Amérique Latine, de pair avec Mexico et Sao Paulo (et peut-être Miami), pour ne citer que les deux autres grands centres prescripteurs de l’art contemporain latino-américain.

Cette place que l’on peut considérer comme privilégiée repose notamment sur l’existence d’un groupe d’artistes de renommée internationale : pour la génération des artistes âgés de plus de 60 ans et confirmés, les noms de Julio Le Parc, Antonio Segui ou Leon Ferrari (Lion d’Or de Venise en 2007) sont aujourd’hui incontestables. Mais il existe surtout une génération d’artistes plus jeunes (35-50 ans), comme Guillermo Kuitca, Jorge Macchi, Leandro Erlich, Gaciela Sacco, pour ne citer que quelques noms, qui bénéficient déjà d’un bon niveau de notoriété et d’une présence dans les grandes Foires d’art internationales (notamment Miami et ARCO à Madrid). Une scène émergente foisonnante qui est apparue dans le sillage de la crise de 2001, avec de jeunes artistes très branchés sur les nouvelles technologies et intégrés à ces réseaux de création transnationaux que permettent désormais les TIC. Buenos Aires étant devenu par ailleurs un des principaux centres de création du continent, dans le domaine des nouvelles images.

La place de la scène artistique locale repose également sur :

- un réseau de jeunes galeries apparues également à partir de la crise de 2001 pour alimenter un milieu de collectionneurs en plein développement. Selon un modèle qui s’est développé depuis les années quatre-vingt-dix, on a vu en effet apparaître une nouvelle génération de jeunes collectionneurs. La Ville de Buenos Aires recense aujourd’hui 182 galeries.

- un réseau de nouvelles institutions artistiques de niveau international et magnifiquement installées. Ces institutions sont en général privées, comme le Musée d’art latino-américain (MALBA) ou les Fondations PROA et OSDE, ou bien ce sont des structures privées de résidences d’artiste comme RIAA (Residencia Internacional de Artistas en Argentina). Elles offrent un itinéraire remarquable dans le domaine de l’art contemporain argentin et latino-américain à travers la capitale argentine.

- un rendez-vous annuel dont chaque édition est plus importante que la précédente, la Foire internationale d’art de Buenos Aires - ArteBA, qui se tient au mois de juin et attire chaque année un nombre croissant de galeries étrangères (surtout brésiliennes et colombiennes mais aussi des Etats-Unis et d’Espagne).

- un renouveau remarquable du design, l’une des industries culturelles les plus soutenues par la Ville de Buenos Aires qui s’est dotée voilà quelques années d’un Centre métropolitain de design, installé dans le quartier populaire de Barracas et particulièrement performant. Ce centre associe sur un même site de jeunes designers à des petites et moyennes entreprises au sein « d’incubateurs » et ce, de manière à garantir l’efficacité de la chaîne de production.

 

On note une tradition de grandes collections privées qui ont investi depuis longtemps dans les différentes vagues de l’avant-garde artistique et qui s’intéressent aujourd’hui à la scène émergente : Jorge Helft, Nelly Arrieta de Blaquier, Anibal et Marlise Jozami, Juan et Patricia Verges, Esteban Tedesco, Ignacio Liprandi, Alberto Sendros, Gabriel Werthein.

Dans ce contexte argentin qui est à la fois marqué par une grande effervescence artistique mais aussi par une coupure importante avec les anciens pays « prescripteurs » du Nord, on ne peut que constater la très faible présence de l’art contemporain français. En dehors de quelques rares manifestations, comme « le Chalet de Tokyo à Buenos Aires » en 2007, qui a obtenu un accueil mitigé, on voit s’accumuler un retard de plus en plus important dans la présentation des artistes français, qu’il s’agisse des « classiques » du XXème siècle dont beaucoup n’ont jamais été présentés à Buenos Aires (Dubuffet ou Yves Klein pour ne prendre que deux exemples) ou même des artistes plus contemporains (Boltanski, Annette Messager ou plus encore les générations récentes).

Toutefois l’exposition Pierrick Sorin présentée dans le cadre du TANDEM Paris Buenos Aires a rencontré un large écho dans la presse et auprès du public.

 

Rédacteur : Hervé Delmare, agregado Cultural Servicio de cooperación y de acción cultural Embajada de Francia en Argentina

Contact : Basavilbaso 1253 (C1006AAA) Buenos Aires

Tél : (54 11) 4515 6914 Fax : (54 11) 4515 6923

herve.delmare@diplomatie.gouv.fr

Echanges internationaux

Pour ce qui est de la place actuelle de l’art argentin sur le marché international de l’art, en dehors des artistes dont la côte internationale est déjà solidement établie (Le Parc, Ségui, Ferrari, Kuitca) une mention particulière doit être faite toutefois à la place croissante tenue par les plasticiens-photographes argentins dont certains bénéficient d’une reconnaissance de plus en plus marquée à l’échelle du continent (Marcos Lopez, Leandro Erlich, Nicola Constantino….).


En 2010, à l’occasion du Bicentenaire de l’Argentine, les Rencontres internationales de la photographie d’Arles ont consacré un focus très important à la photographie argentine contemporaine. De la même manière, les galeries argentines ont été à l’honneur à l’occasion de la Foire d’art de Cologne et un panorama de l’art argentin à été présenté à l’occasion de la Foire du Livre de Francfort où l’Argentine était invité d’honneur.

A Paris, notons la présence d’une très nombreuse diaspora artistique, établie depuis longtemps : Julio Le Parc, Pablo Reinoso, Antonio Segui, Habi Bonomo, Ricardo Mosner, Fernando Gonzalez, Alberto Bali, Mario Gurfein, Ruth Gurvich, Marcela Gomez, pour ne citer que quelques noms.

Le marché argentin demeure très centré sur les artistes nationaux ou latino-américains. Ainsi, la foire d’art contemporain de Buenos Aires, ArteBA accueille en très grande majorité des galeries argentines et latino-américaines et la majorité des ventes réalisées à cette occasion, concerne des œuvres argentines. De fait le seul pays qui organise de manière assez régulière des opérations de promotion de sa production est le Brésil qui appuie chaque année la présence d’une sélection de galeries dans le cadre d’ArteBA. Très peu de galeries françaises sont présentes en Argentine lors des grandes manifestations.
Les quelques collectionneurs argentins qui achètent des artistes non latino-américains s’approvisionnent en général auprès des galeries des pays du Nord à l’occasion des grands rendez-vous internationaux (Bâle, Miami, Londres, Paris ou Madrid).

La réouverture en décembre 2010 de la plus importante structure publique dans ce domaine, le Musée d’art moderne de Buenos Aires (MAMBA) rénové par le gouvernement municipal dont elle dépend, sur un projet d’Emilio Ambasz, offre de très intéressantes perspectives de coopération avec la France dans le domaine de la jeune création. Cette institution avait été en effet, pendant de nombreuses années avant sa fermeture pour rénovation en 2006, la principale structure d’accueil et sans doute le plus solide partenaire pour la présentation d’artistes français contemporains. Du 26 mai au 24 juillet 2011 y était présentée une grande exposition consacrée au vidéaste français Pierrick Sorin. En Argentine, l’ « intérêt » pour l’art français demeure bien réel. On peut rappeler ici que la Fondation PROA a rouvert ses portes en novembre 2008 avec la plus grande rétrospective jamais dédiée à Marcel Duchamp en Amérique latine. PROA a présenté en 2011 une grande exposition Louise Bourgeois et prépare pour 2012 une présentation de Alberto Giacometti. L’éloignement extrême de l’Argentine et l’absence d’un appui au mécénat en termes d’avantages fiscaux constituent deux obstacles majeurs à la venue d’artistes ou à la circulation d’expositions.

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

Dans cet immense pays fédéral, le Secrétariat d’État à la culture est une institution sans pouvoir et sans budget et l’essentiel des initiatives, quand il y en a, est dans les mains des provinces. C’est dire qu’il n’existe quasiment aucune politique publique de soutien à l’art contemporain et aucune loi sur le mécénat qui viendrait la soutenir. Les quelques écoles d’arts plastiques sont dépourvues de moyens et les rares musées nationaux, comme le prestigieux Musée National des Beaux Arts de Buenos Aires ne survivent que par la générosité des associations d’amis qui ont de fait un pouvoir considérable sur les directeurs en termes de programmation. En revanche, dans le domaine du design, la Ville de Buenos Aires a développé une véritable politique de soutien à ses créateurs en subventionnant très largement le "Centre métropolitain du design".

 

Secteur privé : 

 Les prescripteurs principaux dans le domaine de l’art contemporain sont une dizaine de collectionneurs privés. Parmi les détenteurs de pièces françaises contemporaines on peut citer Jorge Helft (Yves Klein, Annette Messager et Sophie Calle) et Ignacio Liprandi (Sophie Calle).

Programmes de résidences

Pour ce qui relève des programmes de résidences, il en existe certes plusieurs, initiés par de jeunes artistes argentins, mais ceux-ci ne disposent d’aucune subvention qui viendrait appuyer leurs initiatives et ils ne peuvent offrir que des programmes payants.

Les principaux programmes sont les suivants :

URRA Residencia de Arte : spécialisée dans les arts visuels. Elle ne fournit pas le billet d’avion. Ils fournissent néanmoins l’atelier ainsi qu’un logement en dehors de l’atelier. La durée de la résidence est d’un mois.

Centro Rural de Arte est un centre en autogestion qui accueille chaque année une vingtaine de personnes, toutes disciplines confondues (danse, vidéo arts et théâtre). Cette résidence s’adresse à des artistes du monde entier et fournit le logement.

Proyecto Ace est une résidence artistique en autogestion spécialisée dans les arts visuels. Elle se déroule à Buenos Aires.

El Centro de investigacion artistica basé à Buenos Aires et géré par Graciela Hasper propose des périodes de résidences artistiques venus du monde entier pour des durées variables.

RIIA : Residencia Internacional de Artistas Argentina est un projet indépendant géré par des artistes et aidé par de nombreuses entreprises. Il réunit un groupe de 20 artistes (la moitié argentins et l’autre moitié de différents pays) durant 15 jours. RIAA favorise le dialogue et les collaborations entre artistes, en accentuant l’échange d’informations dans un groupe.

Lieux

Mis à jour le 2 Août 2013
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