Roumanie

Scène locale

La scène des arts visuels en Roumanie fourmille de structures non-institutionnelles créées le plus souvent à l’initiative d’historiens d’art, de critiques et d’artistes, mais demeure fragmentée au point parfois de manquer de lisibilité. Les démarches sont le plus souvent étayées par une très bonne connaissance théorique esthétique et une analyse critique à la pointe de la recherche actuelle. Récents dans le paysage culturel, ces projets sont particulièrement ouverts au dialogue international et à la participation d’artistes ou de commissaires français, à coté d’intervenants germaniques et anglo-saxons notamment. La pratique du français et la bonne connaissance tant de la théorie que de la pratique contemporaine française dans le domaine des arts visuels, et dans une moindre mesure du design et de la mode, constituent une opportunité pour la France.

De nombreuses initiatives privées ou alternatives connaissent des succès individuels qui restent encore récents.

Le travail des galeries d’art de Bucarest est axé sur la peinture (notamment le courant figuratif), la sculpture, la photo et les nouveaux média.

Les galeries et centres d’art, aux identités individuelles très fortes, forment un ensemble fragmenté : « des îles, mais pas d’archipel » selon la formule du graphiste Dan Perjovschi. A la recherche de visibilité et de crédibilité, ces structures, et les commissaires en charge de leur programmation, sont ouverts aux artistes et critiques étrangers. Tant le Pavilion Unicredit que le Centre d’Introspection Visuelle donnent une large place aux installations vidéo et au travail des vidéastes. Ces « plateformes alternatives » constituent les principaux lieux prescripteurs et lieux émergents de diffusion.

Sur le plan local, il est à noter que Cluj est devenu le lieu des expérimentations et des réussites artistiques en Roumanie. Il existe une « école de Cluj » en tant que telle composée de nombreux artistes qui ont pu y trouver un terrain favorable. L’ouverture de la Fabrica est une des rares approches collectives dans le pays, ce qui renforce son caractère exemplaire qui est à porter au crédit de ses initiateurs, parmi lesquels Mihai Pop. Si l’école de Cluj met en avant une certaine école figurative, et bénéficie du soutien des éditions locales IDEA, la démarche de la Fabrica de Pensule est résolument trans-disciplinaire. Les secteurs de la mode et du design sont encore des territoires peu structurés, notamment en matière de promotion et de diffusion. La photographie ne dispose pas de lieu organisé, malgré la présence en Roumanie d’un expert collectionneur majeur en la personne du directeur général du Musée National d’Art Contemporain.

En design, un nom mérite d’être mentionné : Alexe Popescu. Artiste polyvalent, avec une activité incessante - photo, design de livre (pour les maisons d’édition Publica et Pandora M), design de produit, création typographique, identité visuelle, packaging, édition, web design, pochoir, illustration et vidéo, il est un point d’entrée pour l’accueil d’initiatives étrangères dans ses domaines d’activités.

Il est à noter que le designer Olah Gyarfas, créateur de Rozalb de Mura, label de mode avant-gardiste et minimaliste créé en Roumanie au début de l’année 2006, développe une plate-forme multi disciplinaire entre créateurs de mode, artistes visuels, musiciens et écrivains, comme Tobias Stenberg, Olivia Plender, Constantin Luser, le groupe Liste Noire etc.

Rédacteur : Didier Dutour, attaché culturel, directeur-adjoint de l’Institut français de Bucarest

Contact : Institut français, Bd Dacia 77 Bucarest, secteur 2

Tél : +40 374 125 212

didier.dutour@culture-france.ro

Aides publiques et financements privés

Secteur public : 

La principale action publique consiste dans la participation de la Roumanie à la Biennale de Venise (la Roumanie y dispose d’un Institut culturel et de recherche), qui anime fortement voire déchire les milieux locaux de l’art contemporain. Face à l’absence de direction ou d’accompagnement public (aucun réel équivalent de la Délégation aux arts plastiques au sein du ministère de la Culture et du Patrimoine) un grand nombre d’initiatives viennent de collectifs d’artistes.

- Institut de la mémoire plurielle : Institution publique placée sous l’autorité du Ministère de la Culture et des Cultes. Il a été fondé en 1978 pour répertorier et enregistrer avec des moyens informatiques les objets du patrimoine culturel roumain. Il est membre de l’ICOM (Conseil International des Musées).

Programmes de résidences

ICR ne propose pas de résidence d’artiste étranger en Roumanie, seulement des résidences à l’étranger pour les artistes/commissaires roumains, par contre ICR offre des bourses pour les traducteurs étrangers et pour le journalistes étrangers en Roumanie.

MOGOSOAIA a eu une residence Mogosoaia-Dusseldorf en 2010, plutôt un échange des artistes entre les deux lieux.

CITY SWITCH est un échange international d’artistes pendant un mois entre la Fondation Ratiu, Roumanie et la Galerie Roger Tator, Lyon

PRO HELVETIA

PAVILLON UNICREDIT

FABRICA DE PENSULE, CLUJ

Mis à jour le 25 Avril 2012
Partager Retour