Slovénie

Scène locale

Limitée par ses moyens et ses infrastructures, et en même temps vouée aux échanges avec l’étranger en raison de sa taille modeste, la Slovénie évolue entre aspiration à l’international et danger provincialiste. La scène locale entretient des rapports très étroits avec les pays de l’ex-Yougoslavie, mais aussi avec les pays européens prescripteurs, comme l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie ou la France. L’un des aspects les plus significatifs de la scène slovène dans le domaine des arts visuels est son intérêt pour l’art et la culture d’Europe de l’Est (par ex : la collection Arteast 2000+, présentation de l’art est-européen depuis 1960), la perception de "l’autre" dans la nouvelle Europe, ainsi que les rapports entre l’Est et l’Ouest.

Le Musée d’art moderne héberge une exposition permanente de l’art slovène post-1945, qui met l’accent sur l’art contemporain et l’art conceptuel. Les galeries municipales et privées donnent également toute leur place aux œuvres d’artistes slovènes contemporains. Enfin, dans le domaine de la peinture, les collections d’entreprises recèlent aussi un grand nombre d’œuvres contemporaines. Parmi les artistes les plus significatifs, notons Metka Krasovec, Joze Slak Djoka, Zivko Marusic, Emerik Bernard, Gustav Gnamus, Zdenko Huzjan, Sergej Kapus, Bojan Gorenec, Zdenka Zido, Marjan Gumilar, Sani Cervek, Petra Varl, Zoran Stancic, Mirko Bratusa. L’architecte et sculpteur Marjetica Potrc (1953), lauréate de nombreux prix internationaux, a tout récemment été classée parmi les dix artistes actuels les plus importants par le magazine américain Newsweek. Marjetica Potrc explore les lieux de la pauvreté et s’intéresse à la fabrication de solutions alternatives, à l’urbanisme de fortune, de crise ou d’urgence en faisant souvent preuve d’originalité.

Plus récemment, des structures sont apparues à Ljubljana, qui mettent l’accent sur les installations et la vidéo, comme le Musée d’art contemporain PARASITE, le Centre d’art contemporain SCCA, le Musée d’art transitoire MoTA.

Parmi les artistes de la nouvelle génération notons Viktor Bernik, Arjan Pregl, Ziga Kariz, Marko Jakse, Matjaz Krivic, Ziga Koritnik, Matej Vogrincic ou encore Vadim Fiskin, un artiste russe basé à Ljubljana et qui a participé à la Biennale de Venise de 2007.

Les collectionneurs les plus significatifs sont les grandes entreprises (entreprise d’électroménager Gorenje, groupes pharmaceutiques Krka et Lek, banque NLB).

 

Vivier d’expériences, de pratiques et de grands noms dans le domaine des arts visuels, la France est perçue en Slovénie comme un point d’ancrage du paysage culturel européen et mondial. Cependant, en raison de limites infra-structurelles et financières, les projets communs sont beaucoup moins nombreux que ne l’exigeraient la qualité de la production française et le désir local de la découvrir. Dans le cadre de Maribor, capitale européenne de la culture 2012, la construction du grand Centre culturel de Maribor "MAKS" (Maribor Kulturni Sredisce) représentera une excellente opportunité pour présenter la nouvelle scène française. Des discussions sont d’ores et déjà engagées pour y accueillir l’exposition "La belle peinture est derrière nous".

 

Rédacteur : Mathias Rambaud, Institut français de Slovénie

Contact : Institut français, Breg 12 SI-1000 Ljubljana Slovénie

Tél : 00 386 01 2000 500

mathias.rambaud@institutfrance.si

Echanges internationaux

Les artistes slovènes sont régulièrement présents dans les biennales d’art contemporain internationales, comme Sao Paulo, à la Foire d’art contemporain de Vienne, à Paris Photo, ou encore la Biennale de Venise. Le ministère de la Culture propose aux artistes slovènes des studios pour des résidences artistiques à New York et à Berlin, et il finance la Galerie A+A, un lieu d’exposition non-lucratif qui fonctionne aussi comme pavillon à la Biennale de Venise.

Pour des raisons historiques plus que géographiques, l’ouverture aux scènes étrangères se fait plutôt en direction des pays d’ex-Yougoslavie. Néanmoins depuis le début des années 2000, cette tendance est en train de changer avec l’invitation de plus en plus fréquente de commissaires étrangers, à l’initiative du Musée d’art moderne, mais aussi de ces nouvelles structures citées plus haut.

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

En termes de politique publique, le financement prend deux formes. Si l’on prend l’exemple de la Galerie d’Art moderne de Ljubljana, il s’agit d’une institution nationale financée en totalité par le ministère de la Culture. Quant à la Galerie d’art de Maribor, elle obéit à une forme de financement mixte en raison de son statut hybride. Ainsi, seuls 60% de son financement provient du ministère, 20% de la municipalité de Maribor et les 20% restant sont à la charge de la galerie.

Quant aux associations et autres organisations non gouvernementales, elles ont la possibilité de bénéficier d’une aide du ministère de la culture en répondant à un appel à projets. Le passage d’une récurrence biannuelle de cet appel à une récurrence quadriennale traduit la volonté du gouvernement de donner une dynamique plus structurée et pérenne à son soutien. Néanmoins, les acteurs culturels se plaignent des difficultés que la durée d’une telle échéance leur impose.

Secteur privé :

Le financement privé prend la forme de partenariat avec des sponsors locaux. Néanmoins, les grandes entreprises sont plus enclines à soutenir des projets à orientation populaire et commerciale.

Programmes de résidences

L’association KID KIBLA de Maribor accueille ponctuellement des artistes, des théoriciens, des producteurs pour des résidences d’un mois à Maribor. Les résidents sont hébergés dans un appartement à Maribor et leurs frais de restauration sont pris en charge. KIBLA s’occupe ensuite de les mettre en contact avec la scène artistique locale et elle aide à la création de productions artistiques durant la résidence.

 Le Centre d’art de Ljubljana offre des possibilités de résidence aux créateurs de différents domaines (art, sciences humaines, écologie, science). Les résidences sont destinées à la production, au développement et à la réalisation de projets. Les résidences sont possibles dans plusieurs lieux au nord de la Slovénie (région de Prekmurje) et à Ljubljana.

 Dans la perspective de l’événement Maribor, capitale européenne de la culture 2012, une nouvelle résidence toutes disciplines confondues a été mise en place à Maribor pour un séjour de un à trois mois, comprenant une couverture des frais et, pour certains candidats, l’attribution d’une bourse.

 La scène culturelle alternative slovène offre des possibilités informelles de résidence aux artistes : dans le centre de Metelkova à Ljubljana et dans celui de Pekarna Magdalenska Mreze à Maribor.

Lieux

Mis à jour le 26 Avril 2012
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