Suisse

Scène locale

Le secteur culturel contribue fortement à la prospérité économique de la Suisse. Il emploie quelque 200 000 personnes et représente une part supérieure à celui (par exemple) de l‘horlogerie dans le PIB suisse. Les lieux sont nombreux et actifs, répartis sur l’ensemble du territoire, Zurich, Bâle et Genève constituant les centres artistiques les plus actifs dans le domaine des arts plastiques contemporains.

Le marché suisse de l’art n’a pas pâti de la crise financière récente. Il est extrêmement difficile d’obtenir des chiffres à cet égard, mais la santé florissante, relevée par la presse, d’une foire comme Art Basel est, à cet égard, révélatrice.

A Zurich : la Kunsthalle, le Migrosmuseum et la ville de Zurich sont sur le point d’acheter ensemble les bâtiments de l’ancien Löwenbräu Areal, qu’ils occupent déjà. La création, dans ce lieu, d’une école internationale pour commissaires (postgraduate), prévue pour 2012, fait partie du projet. Ce projet prévoit : ? des bourses de 6 ou 12 mois pour 2 ou 3 personnes par an, ? la mise à disposition d’espaces d’exposition pour ces boursiers, ? la mise à disposition d’œuvres par des collectionneurs.

Un « quartier des musées » (analogue à celui de Vienne, Autriche) est en gestation à Lausanne, autour de la gare centrale. On relèvera que les trois projets architecturaux français pour la construction de l’ensemble n’ont pas pu être retenus, ayant été envoyés trop tard et retardés par un mouvement de grève en France.

La Suisse compte de nombreux collectionneurs, surtout dans le domaine de l’art moderne.

On peut citer : la famille Hahnloser (exposition en cours à la Fondation de l’Hermitage à Lausanne), Jean-Claude Gandur (exposition en cours au Musée Rath à Genève) ou la collection Beyeler.

Ces collectionneurs sont souvent aussi des mécènes : Jean-Claude Gandur soutient ainsi l’extension du musée Rath (Genève).

Bien que l’art français dans sa période moderne (19ème siècle et première moitié du 20ème siècle) soit perçu comme fondamental, son influence et sa présence en Suisse durant les dernières décennies sont considérés comme moindres. La création française dans le domaine des arts plastiques ne semble pas constituer une priorité pour l’art contemporain suisse en zone alémanique.

En ce qui concerne la Suisse romande, les liens avec la scène artistique contemporaine française sont naturels, riches et nombreux du fait de la proximité géographique et linguistique.

 

Rédacteur : Michel Tarpinian

Contact : Tél. (00 41) (0)31 359 21 32

michel.tarpinian@diplomatie.gouv.fr

Echanges internationaux

On mentionnera à titre d’exemple la participation, très remarquée, de Thomas Hirschhorn à la Biennale de Venise 2011. Les designers et plasticiens suisses sont très présents à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, sans toujours revendiquer particulièrement leur nationalité.

Aides publiques et financements privés

Secteur public :

D’une manière générale, la Suisse, pays fédéraliste, considère que l’Etat ne doit avoir qu’un rôle subsidiaire dans le domaine culturel, sauf dans le domaine du cinéma pour lequel existe une politique spécifique de soutien. Il n’existe pas de ministère de la culture au niveau fédéral.

Le 11 décembre 2009, le Parlement a néanmoins adopté une loi sur l’encouragement de la culture (LEC), qui a notamment comme objectifs de : ? Mettre en œuvre le mandat constitutionnel de l’art. 69 Cst. ? Délimiter clairement les compétences de la Confédération par rapport aux cantons, aux villes et aux communes, qui sont les premiers responsables de l’encouragement de la culture. ? Régler la répartition des compétences entre les autorités fédérales responsables de l’encouragement de la culture et la fondation Pro Helvetia. ? Définir les lignes directrices de la politique culturelle de la Confédération. ? Assurer le financement de la promotion culturelle de la Confédération par le biais d’un plafond de dépenses de quatre ans (message sur la culture). ? Renforcer les activités d’encouragement de la culture au niveau fédéral en les dotant d’une base légale formelle. ? Donner des nouvelles tâches à l’Office fédéral de la culture dans le domaine de la promotion de la formation musicale et de la sauvegarde du patrimoine culturel. ? Moderniser l’organisation de la fondation Pro Helvetia. La LEC entrera en vigueur le 1er janvier 2012.

L’Office fédéral de la culture (OFC) :

Si les financements proviennent essentiellement des collectivités locales (cantons et communes) ou du secteur privé, la confédération dispose également de programmes de soutien par le biais de l’OFC, ce dernier prolongeant et soutenant ainsi l’effort consenti en la matière par les cantons, les communes et les organisations privées. Cet organisme (rattaché au ministère de l’intérieur) a pour mission de favoriser la culture dans sa diversité et de faire en sorte qu’elle puisse se développer en toute indépendance. A ce titre, il soutient et encourage entre autres : ? la création artistique, notamment dans les domaines du cinéma, de l’art et du design, ? l’instruction des jeunes Suisses de l’étranger, ? les projets des diverses communautés culturelles.

Pour remplir ces tâches, l’OFC est structuré en deux domaines : « Préservation et mise en valeur du patrimoine » et « Création et diversité culturelle ». Il organise des concours, décerne des prix, met à disposition des ateliers à l’étranger, soutient les projets artistiques dans le domaine des nouveaux médias et contribue à leur diffusion, alloue des subventions aux espaces artistiques indépendants, et enrichit la Collection d’art de la Confédération de nouvelles acquisitions.

 Design

L’Office fédéral de la culture, qui soutient depuis plus de 85 ans les arts appliqués, a repensé ses structures et cherché, au cours d’une procédure de trois ans, de nouvelles voies pour l’encouragement du design. Le nouveau concept d’encouragement pour le Concours fédéral de design, entré en vigueur en 2002, en découle. L’OFC vise, par cette nouvelle mouture du concours comme par ses publications et les expositions qu’il réalise, à servir au plus près les besoins des designers. Les efforts vont ainsi dans le sens d’un soutien sur le long terme des compétences des designers. Par l’action concertée des domaines d’encouragement « achats » et par le concours « Les plus beaux livres suisses », le but est de promouvoir la création des designers aussi bien en Suisse qu’à l’étranger. En 2007, l’Office fédéral de la culture a remis pour la première fois le Grand Prix Design qui distingue chaque année des designers ou des bureaux de design confirmés qui contribuent à la renommée du design suisse sur le plan national et international

Photographie

Depuis 2004, l’OFC subventionne des projets d’institutions publiques et privées qui s’engagent pour le maintien, la diffusion et l’encouragement de la photographie en Suisse. Seuls les projets qui concernent la restauration de fonds photographiques sont exclus de cette mesure de soutien. La restauration de collections photographiques bénéficie de moyens mis à disposition par la Confédération dans le cadre de l’activité de l’association Memoriav (Association pour la sauvegarde de la mémoire audiovisuelle suisse). Le soutien à des projets de plus grande échelle, réalisés par des institutions dans l’intérêt de la photographie suisse, s’inscrit dans la continuité des autres mesures en faveur de la photographie suisse en vigueur à l’OFC depuis longtemps déjà, comme la subvention annuelle à l’exploitation de la Fondation suisse pour la photographie à Winterthour ou le soutien direct apporté aux photographes suisses dans le cadre de l’encouragement du design et de l’art par la Confédération.

Soutien à l’art numérique / projet « Sitemapping » L’OFC soutient le projet « Sitemapping », issu de la stratégie adoptée par le Conseil fédéral en 1998 « Société de l’information en Suisse ». « Sitemapping » encourage la production, la diffusion ainsi que l’archivage et la conservation de l’art numérique. Il s’appuie sur trois instruments : ? Artists in Labs et Mediaproject sont consacrés à des soutiens ciblés, ?Centre Virtuel, qui s’attache à la diffusion et à la mise en contexte de l’art numérique, ?ArchivesActives, qui s’occupe de la conservation et de la documentation d’œuvres d’art numériques.

Fondation suisse pour la culture « Pro Helvetia » :

Fondation de droit public entièrement financée et mandatée par la Confédération, elle complète les mesures de promotion de la culture entreprises par les cantons et les communes. Elle encourage ainsi la création artistique, soutient la médiation culturelle et entretient les échanges culturels à l’intérieur du pays et avec l’étranger. Elle soutient des projets sur la base de requêtes, par le biais de son réseau de centres culturels et de bureaux de liaison à l’étranger, dans le cadre de ses programmes, et par du matériel d’information et de promotion. Tous les 4 ans, le Parlement accorde un crédit-cadre à la Fondation Pro Helvetia qui a reçu pour la période 2008-2011 un total de 134,15 millions de francs et dont les tranches de crédit pour 2010 et 2011 étaient respectivement de 34 millions de francs et 33,15 millions de francs. La Fondation attribue chaque année à des projets culturels environ 25 millions de francs (dont 43 % pour des activités en Suisse et 57 % pour des activités à l’étranger).

Un réseau à l’étranger

Les centres culturels Pro Helvetia disposent de locaux propres pour mettre sur pied des manifestations. Ils se trouvent dans des métropoles importantes pour la culture, où le besoin d’une vitrine représentative de la culture suisse se fait sentir. Pro Helvetia gère elle-même le Centre Culturel Suisse de Paris (CCS). Les bureaux de liaison Pro Helvetia qui se situent notamment en Egypte, Inde et Afrique du Sud soutiennent des séjours en atelier dans le domaine des arts visuels. Cependant, il n’existe à ce jour aucun partenariat entre Pro Helvetia et la France pour l’établissement d’un programme de résidences.

Collection Cahiers d’Artistes

Par le biais de ses Cahiers d’Artistes, très appréciés en particuliers des musées et des commissaires d’exposition en Suisse et à l’étranger, Pro Helvetia soutient des artistes suisses prometteurs qui évoluent dans le domaine des arts visuels et ne possèdent pas encore de publication. Du 14 au 19 juin 2011, la nouvelle Collection Cahiers d’Artistes a notamment été révélée dans le cadre des Swiss Art Awards, en parallèle à Art 42 Basel. En prévision de l’entrée en vigueur à partir du 1er janvier 2012 de la nouvelle Loi sur l’encouragement de la culture, Pro Helvetia ente repositionner les Cahiers d’Artistes dans le cadre de ses instruments de promotion. Le prochain appel de candidatures aura donc lieu en 2012.

Initiatives

Les programmes internationaux de Pro Helvetia mettent l’accent sur les échanges culturels avec des pays et des régions dans le but de développer des partenariats institutionnels à longue durée. Ces initiatives sont lancées en collaboration avec des artistes, des organisateurs de manifestations, des institutions culturelles et des organismes de promotion publics et privés, ainsi que, à l’étranger, avec les représentations diplomatiques suisses. La Fondation y consacre environ 10 % de ses moyens opérationnels.

Bourses de gouvernements étrangers pour les artistes suisses

Sur mandat de la Confédération, la Conférence des recteurs des universités suisses (CRUS) est chargée des bourses offertes par les gouvernements de quelque 30 pays étrangers. Les bourses sont fixées chaque année par la Suisse et les Etats correspondants. Dans certains pays, ces bourses sont ouvertes non seulement aux scientifiques, mais aussi aux artistes. La CRUS est responsable de la mise au concours de ces bourses. La sélection des candidats incombe à l’Office fédéral de la culture. La décision définitive appartient toutefois au pays d’accueil. En général, une telle bourse couvre les frais courants et les frais d’études dans le pays d’accueil. Les frais de voyage aller et retour vont toutefois à la charge du bénéficiaire.

Bourses fédérales pour les artistes étrangers

La Confédération suisse accorde également des bourses aux artistes étrangers. La procédure est gérée par la Commission fédérale des bourses (CFB) pour les étudiants étrangers. L’offre ne concerne que les pays qui proposent des programmes de bourses sur la base de la réciprocité. Les candidats sont proposés par l’autorité compétente de leurs pays respectifs à la représentation diplomatique suisse. La CFB sélectionne en dernière instance les dossiers. Suite à ces décisions, le Département fédéral de l’intérieur procède alors à l’octroi des bourses. Les candidats ne peuvent avoir plus de 35 ans.

Bourses Simon I.Patino

Le Département de la culture de Genève et la Fondation Simon I. Patino octroient chaque année des bourses à de jeunes artistes pour leur permettre d’effectuer des études, stages, travaux ou recherches à Paris. Les bourses comprennent la mise à disposition, durant 4 à 12 mois, de trois studios à la Cité internationale des arts à Paris, ainsi qu’une allocation de 1000 francs par mois pendant la durée du séjour. Ces bourses sont destinées à des artistes ou des étudiant-e-s qui œuvrent dans les différents domaines artistiques.

Secteur privé : 

De nombreuses et puissantes fondations (12 000 fondations en Suisse) sont actives dans le domaine de l’art, mais se consacrent essentiellement aux artistes anciens ou reconnus.

Le Migros pour-cent culturel : le groupe Migros investit une partie de son chiffre d’affaire dans des projets culturels et sociaux.

Les grandes banques, des sociétés d’assurance et des entreprises sont également actives dans ce secteur.

Programmes de résidences

« Artists in Residence ch » :

« Artists in Residence » est un groupe d’intérêts soutenu par Pro Helvetia, l’Office fédéral de la Culture et la conférence des délégués cantonaux aux affaires culturelles (commission spécialisée de la Conférence fédérale des directeurs de l’instruction publique). A titre d’exemple : l’artiste française Anne-Marie Rognon était en résidence à Sion de mai à octobre 2010. Les artistes française et belge Marie-France et Patricia Martin sont actuellement en résidence en Suisse à Sion jusqu’au 1er décembre 2011. L’artiste suisse Catherine Schlaefi était à la Cité Internationale des Arts à Paris du 1er janvier 2011 au 30 juin 2011.

« Artists in Labs» :

Le programme « Artists In Labs » (AOIL) résulte d’une collaboration entre l’Université des Arts de Zurich (ZHdK), l’Institut pour des Études Culturelles dans les Arts (ICS) et l’Office fédéral de la Culture (OFC). Le but de ce programme est de partager des buts communs, élargir le dialogue entre art et sciences et attirer l’attention sur les contributions qu’artistes et scientifiques peuvent ensemble apporter face aux grands défis de demain. Programme ouvert aux étrangers. Pas d’appel à candidature en 2012, le programme étant en cours de redéfinition.

Lieux

Mis à jour le 26 Avril 2012
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