Taiwan

Scène locale

Taïwan a réussi, au cours des vingt dernières années, à émerger, à exister et à devenir prescripteur sur la scène artistique asiatique voire internationale dans le domaine des arts visuels.

Ceci est d’autant plus remarquable qu’il convient de rappeler la levée relativement récente de la loi martiale (1987) et le processus de démocratisation qui s’en suivit (les premières élections présidentielles au suffrage universel direct datent de 1996), la situation géopolitique contraignante (de facto territoire indépendant mais non reconnu par la majorité de la communauté internationale) et la taille relativement modeste (23 millions d’habitants répartis sur une île de la superficie de la Belgique mais recouverte à 60 % par des montagnes boisées qui culminent à près de 4.000 mètres) de Taïwan.

Quatre musées des beaux-arts jouent un rôle moteur dans le domaine des arts visuels à Taïwan.

Les collectionneurs taïwanais jouent un rôle important sur le marché de l’art contemporain asiatique, mais ils restent discrets (aucun collectionneur n’a pris l’initiative de créer un musée pour exposer ses collections).

La plupart des ventes n’ont pas lieu à Taïwan pour des raisons fiscales (à l’exception de celles organisées par la maison de ventes aux enchères Ravenel) mais plutôt à Hong Kong. Les œuvres des artistes taïwanais sont principalement achetées par les collectionneurs taïwanais.

Depuis une quinzaine d’années et l’internationalisation progressive des structures artistiques taïwanaises, de nombreuses expositions françaises ont été présentées à Taïwan (plusieurs chaque année et bien plus que nos partenaires britannique ou allemand), la plupart étant néanmoins des expositions patrimoniales provenant par exemple des musées du Louvre, Orsay, de l’Orangerie, Picasso, etc.

Ces expositions, recherchées en priorité par les groupes de média taïwanais qui en assurent la production et peuvent en retirer de juteux bénéfices (par la vente des tickets et surtout des produits dérivés), peuvent accueillir un public extrêmement nombreux : près d’un million de visiteurs pour les impressionnistes en 1997/1998 et 700 000 visiteurs pour l’exposition Jean-François Millet en 2008.

Depuis quelques années, on constate de la part de nos partenaires taïwanais un intérêt de plus en plus marqué pour des expositions d’art moderne et contemporain, notamment sur l’art numérique ou faisant appel aux nouvelles technologies. Le succès rencontré auprès du public, dont la connaissance artistique progresse ainsi que son ouverture internationale, des deux expositions du Centre Pompidou (100.000 visiteurs pour les collections d’art vidéo en 2006 et 250.000 visiteurs pour « Arcadie » en 2009) et dans une moindre mesure l’exposition consacrée à Niki de Saint-Phalle en provenance du MAMAC (2008) permet à la France de proposer des projets davantage ancrés dans la création contemporaine.

On note également la participation croissante de plasticiens français aux biennales de Taipei (Didier Fiuza Faustino en 2008), aux expositions collectives organisées par le MOCA (Alain Declercq en 2006, Virginie Barré et Alexandre Nicolas en 2009, etc.) et aux commandes d’art public (Arman, Daniel Buren, Yaacov Agam, Patrick Blanc, etc.).

En revanche, les artistes français restent quasiment absents du marché de l’art taïwanais (foires, maisons de vente et galeries à l’exception des deux artistes français d’origine chinoise Zao Wou-Ki et Chu Teh-Chun ) et les architectes français n’ont pas encore remporté de concours d’architecture qui commencent à s’ouvrir à l’international (Toyo Ito, Rem Koolhaas, etc.)

 

Rédacteur : Danielle Tailan ien, attachée culturelle Institut français

Contact : Institut Français de Taipei 10F, 205, Tun-Hwa North Rd., Taipei 105, Taïwan

Tél : 886-2-3518-5138

Fax : 886-2-3518-5193

tailan.lien@diplomatie.gouv.fr

Echanges internationaux

Les trois principales universités de Taïwan s’ouvrent de plus en plus à l’international (échanges d’étudiants et de professeurs, résidences d’artistes étrangers, expositions temporaires dans leur musée respectif, etc.).

Aides publiques et financements privés

Secteur public : 

Le rôle du Conseil National des Affaires culturelles (CNAC)

Le CNAC deviendra un ministère de la Culture de plein exercice le 1er janvier 2012. Depuis l’automne 2010, une assistante technique française a, de nouveau, été placée (après la mission d’un premier assistant technique de février 2004 à août 2008). Le CNAC intervient à plusieurs niveaux dans le domaine de l’art visuel : ? Assurer la tutelle des musées nationaux comme le musée national des beaux-arts de Taïwan (NTFAM). À partir du 1er janvier 2012, pratiquement tous les musées nationaux seront sous-tutelle du Ministère de la culture, dont ceux qui aujourd’hui sont sous tutelle d’autres ministères, à l’instar du Musée national d’histoire, sous tutelle du Ministère de l’Éducation, qui accueille régulièrement les expositions internationales. ? Apporter un soutien financier aux grands rendez-vous artistiques, comme la foire d’art contemporain « Art Taipei », la foire de design et les expositions organisées par les musées ? Favoriser l’éducation artistique, notamment en appui des communautés et des collectivités territoriales ? Lancer des commandes d’art public en collaboration avec les collectivités territoriales ; ? Gérer des programmes de résidences d’artistes taïwanais à l’étranger (dont l’un à la Cité internationale des arts de Paris) ? Assurer la tutelle des trois centres culturels taïwanais à l’étranger (New York, Paris et Tokyo) dont le rôle est de promouvoir les artistes taïwanais à l’international ? Créer un environnement juridique et fiscal favorable pour encourager le mécénat privé, notamment dans le domaine des industries créatives.

Secteur privé :

Un marché de l’art dans l’ombre de la Chine et de Hong Kong

Dans le contexte de démocratisation progressive de la société taïwanaise au cours des années 80, l’art contemporain se développe rapidement à Taïwan et stimule le marché d’art. En conséquence, de nombreuses galeries sont créées pendant cette période.

Durant les années quatre-vingt-dix et jusqu’au début des années 2000, de nombreuses galeries décident de s’implanter en Chine en raison du développement encore plus dynamique du marché de l’autre côté du détroit. Soit elles ouvrent des annexes à Pékin et/ou à Shanghai, soit elles déplacent leur galerie en Chine afin d’être plus proche des artistes chinois mais aussi taïwanais qui n’hésitent pas à s’installer en Chine afin de bénéficier de l’engouement vis-à-vis de l’art contemporain.

La crise économique de 2008 ayant engendré une chute du marché de l’art en Chine, de nombreuses galeries taïwanaises sont retournées à Taïwan. En 2010, l’embellie des marchés a dynamisé de nouveau les ventes à la foire d’art contemporain de Taipei, les chiffres d’affaires s’élèvent à 460 millions NTD, équivalent de 1.15 million €.

 

Programmes de résidences

Créé par la ville de Taipei, il y a moins d’une dizaine d’années, le Village d’artistes de Taipei (TAV), qui dispose désormais de trois lieux de résidence répartis dans la ville, a développé des programmes d’échanges avec plus d’une quinzaine de résidences d’artistes dans le monde entier. Un accord a été signé avec l’Ambassade dans le cadre du programme d’accueil d’artistes étrangers à la Cité internationale de Paris géré par l’Institut Français.

Baboo Curtain Studio : Il s’agit d’une résidence d’artistes alternative à Taiwan, créée aux alentours de 2000. Il accueille une dizaine d’artistes taïwanais et internationaux chaque année. Il reçoit un soutien financier du gouvernement, mais aussi de fonds privés. Il est membre de Res Artis, réseau international pour les résidences d’artiste non-gouvernementale, organisation à but non-lucratif (NPO).

Le GRAME et le DAC, nouveau modèle de collaboration à travers la résidence : Sous-tutelle de la ville de Taipei, le Centre d’art numérique de Taipei (DAC), qui a été inauguré en 2009, organise chaque année en novembre un festival international et a vocation de produire, de diffuser et d’échanger dans le domaine de l’art numérique.

Une collaboration avec le GRAME - Centre national de création musicale de Lyon a été établie depuis 2009 donnant notamment lieu à des échanges de résidences d’artistes pour des périodes de 1 à 3 mois. L’objectif est d’offrir aux artistes l’opportunité d’exposer leur création dans le cadre de manifestation culturelle annuelle, en respectant un principe de réciprocité : l’artiste français au Festival international d’art numérique de DAC et l’artiste taïwanais à la Biennale « Musiques en scène » et aux journées du GRAME.

 Il existe d’autres résidences d’artistes en dehors de Taipei, mais elles sont moins tournées vers l’international que le TAV.

Lieux

Mis à jour le 26 Avril 2012
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