MIGRANTS ET RÉFUGIÉS: PERSPECTIVES EN FRANCE, EN ALLEMAGNE ET AU KENYA

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Année :
Fonds culturel franco-allemand 2016
Disciplines :
Débats d’idées

Nairobi, Kenya

25 Avril 2016 - 31 Juillet 2016

migrants et réfugiés : PERSPECTIVES en france, en allemagne et au kenya


Du 25 Avril au 31 Juillet 2016, L’Alliance Française et le Goethe-Institut Nairobi, avec le soutien du fonds culturel franco-allemand, et en partenariat avec l’Ambassade de France, l’UNHCR et l’UNESCO, ont présenté une série d’activités autour de la question des migrants et des réfugiés dans les trois pays d’accueil: la France, l’Allemagne et le Kenya.

Alors que la crise des migrants européens continue à s’intensifier, les politiciens, les journalistes, les chercheurs, les artistes et la société civile cherchent à trouver un sens au phénomène. Les discours sont façonnés par différents facteurs socio-politiques, traditions politiques et idéologies nationales.

Des ateliers d’arts plastiques, des expositions de peintures et de photographies, des ateliers de théâtre et de musique suivi d’une représentation théâtrale et d’un concert, des séances de cinéma ainsi que des débats, ont permis un regard croisé dans le discours et le traitement des réfugiées dans ces trois pays et d’en exposer les différences et les similitudes.

Regroupées sous le titre de ‘Conversations Critiques’, ces activités ont montré comment l’expérience de la migration affecte et transforme les identités et les relations sociales, comment tout ceci a une incidence sur l’environnement politique, économique et sécuritaire des pays concernés.
Le soutien d’HCR Kenya a permis la venue de 15 artistes réfugiées des camps de Dadaab et de Kakuma qui ont participé à des ateliers de peinture, de musique et de théâtre. L’HCR Kenya s’est occupé du processus d’autorisation auprès des autorités kenyanes pour que les artistes réfugiés puissent sortir de leurs campements pour voyager jusqu’à Nairobi et a pris en charge les frais de leur séjour à Nairobi. Ces réfugiés étaient issus des six pays suivant : l’Ethiopie, l’Ouganda, le Rwanda, la RDC, la Somalie et le Sud-Soudan.
Le soutien du Bureau Régional Afrique de l’Est de l’UNESCO a permis d’organiser une semaine de formation théâtrale basée sur la méthode du théâtre de l’opprimé avec une quinzaine de réfugiés. L’objectif était de favoriser la prise de parole des participants afin qu’ils fassent partager au public leur vécu et les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien en tant que réfugiés.
 
L’atelier de peinture a eu lieu à Dust Depo, dans les locaux du Musée du Rail à Nairobi et a été l’occasion pour les artistes réfugiés de collaborer et d’échanger avec des artistes confirmés de Nairobi qui s’interrogent dans leur travail sur le phénomène de déplacement forcé ou volontaire des populations. Des réfugiés ont eu ainsi eu la possibilité d’affirmer leur identité d’artiste lors de l’exposition de peintures intitulée ‘Of Ships Passing in the Night’ présentée simultanément à l’Alliance Française et au Goethe-Institut Kenya. Leurs œuvres exposées, à côté de celles d’artistes reconnus qui traitent du même thème, témoignent des difficultés qu’ils ont vécues aussi bien sur le chemin de l’exil, vers leur terre d’accueil, que dans le lieu où ils ont trouvé refuge. Des souvenirs de leurs pays d’origine sont aussi des sujets qui ont été traités dans l’exposition. 
 
Parallèlement, une exposition photographique réalisée en collaboration avec l’AFP, le Deutsche Presse-Agentur et des photographes de presse kenyans a montré les diverses expériences des réfugiées dans les trois pays ainsi que les contrastes dans la façon de contrôler, d’accueillir et d’accommoder les réfugiées en France, en Allemagne et au Kenya. 
 
Ces deux expositions brûlantes d’actualité se sont poursuivies jusqu’à la fin mai afin de coïncider avec le Festival de Cinéma Européen qui rassemble des films issus de 16 pays européens présents à Nairobi autour du thème de ‘L’intégration’. La plupart des films racontent les expériences des migrants dans ces différents pays européens.
 
Deux débats ont aussi été organisés : un avec des journalistes issus de ces trois pays et un autre avec des experts dans le domaine de la migration et des réfugiés.
 
Le premier intitulé ‘One image, Three Perspectives reporting on the plight of refugees in France Germany and Kenya’ a eu lieu le 26 avril au Goethe Institut devant un public peu nombreux principalement composé de personnes travaillant dans le domaine des droits de l’homme ou avec les réfugiées.
Les journalistes de l’AFP (Andrea Palasciano), du ZDF (Katrin Lindner) et du journal kenyan The Star (Adow Mohamed) ont été invités à ce débat modéré par le journaliste kenyan John Sibi-Okumu. Le modérateur a posé des questions concernant la politique éditoriale des institutions que représentaient les participants à la table ronde. D’autres questions ont porté sur la manière dont les journalistes arrivent à s’assurer que le thème des réfugiées reste pertinent et présent parmi d’autres sujets d’actualités brûlants. Les difficultés qu’ils rencontrent dans leur travail ont été aussi évoquées, comme les pressions pour mettre en avant un certain point de vue, leur motivation pour mener à bien des reportages sur des sujets difficiles et complexes. Les journalistes ont pu expliquer au public comment chacun d’entre eux traitent ces questions dans leurs environnements professionnels, de façon équitable, responsable et dans le respect de la déontologie journalistique.  
 
Le deuxième débat intitulé ‘Forced Migration : Perception and Reality’ a réuni les experts en migrations suivants : Nassim Majidi de la société de recherche Samuel Hall, Laurent Grosbois, Directeur du projet régional ‘Addressing mixed migration flows in Eastern Africa’ et représentant de l’agence de développement ‘Expertise France’, le représentant d’HCR au Kenya, Raouf Mazou, et la chercheuse et journaliste allemande Lena Schipper.  Les participants à la table ronde ont pu expliquer les différences terminologiques existant entre « réfugiés », « chercheurs d’asile » et « migrants » ainsi que l’utilisation qui est faite du terme « migration mixte ».  Ils ont exposé la réalité du terrain concernant la gestion des migrants dans les trois pays face à un accroissement du phénomène de déplacement pour diverses raisons et la nécessité d’exécuter le plan d’action adopté à Malte en 2015 pour une meilleure gestion des réfugiés et ont donné des exemples de bonnes pratiques dans le traitement des migrants.
 
Les ateliers de théâtre et de musique avec les réfugiés animés par le formateur français Oliver Malcor de Partecip Arte et le célèbre musicien kenyan Octopizzo ont donné lieu à des représentations publiques d’un théâtre forum et d’un concert.  Le théâtre forum proposait le résultat des ateliers sous la forme de sujets de conflits interprétés par des réfugiés sur scène. Le public d’une centaine de personnes était alors invité à réfléchir sur la manière d’affronter et éventuellement de résoudre les conflits joués. Le spectacle a permis aux réfugiés de s’exprimer et de construire des alternatives possibles aux conflits mis en scène. Ils ont aussi découvert la volonté du public de changer leur situation. L’artiste Octopizzo, qui mène un projet de renforcement des capacités des talentueux réfugiés dans les camps de Dadaab et de Kakuma, a lancé à cette occasion la première édition de l’initiative ‘Refugeenious’, une plateforme destinée à faire connaître les talents musicaux existant parmi les réfugiés.
 
Ce projet a été fortement apprécié par le HCR Kenya dont le service des médias sociaux s’est fait l’écho des opportunités offertes aux réfugiés au moyen des différentes activités. Outre le partage des informations sur les activités sur les plateformes de facebook et twitter de l’Alliance Française, deux articles ont été publiés dans le journal Business Daily sur les expositions et le théâtre. 
 
Les réfugiés qui ont participé aux activités sont très reconnaissants d’avoir pu s’exprimer et de donner une autre image d’eux-mêmes que celle véhiculée par les discours politiques surtout au Kenya.  Ce projet a également contribué à élargir le champ des activités qui pourraient être envisagées entre les réfugiés et les artistes du pays d’accueil dans le cadre de l’initiative ‘Artists For Refugees’  lancé par l’HCR Kenya en 2015.
 
Une publication et un témoignage audio-visuel sont en cours d’élaboration pour rendre compte de toutes les activités ayant eu lieu lors de ces journées.
 
Après le succès du projet franco-allemand 2015 sur le changement climatique, cette manifestation constitue un autre témoignage de la collaboration fructueuse que l’Alliance française et le Goethe Institut mènent sur des thèmes sociétaux cruciaux. Elle démontre qu’utiliser la culture et le dialogue interculturel comme levier pour un impact positif sur la société est à la fois pertinent et efficace.
 
Cette manifestation a eu le mérite de sensibiliser le public Kenyan à la réalité des réfugiés, en particulier de ceux qui vivent sur leur sol et à inciter la population à la réflexion sur les véritables enjeux à un moment où le gouvernement kenyan a annoncé son intention de fermer les camps de Dadaab et de Kakuma, deux jours après la fin de cette manifestation.

> Retrouvez l’ouvrage publié à l’issue du projet dans la rubrique "téléchargement"

Lieu :

Nairobi, Kenya

Adresse :

05 Utalii Lane, P.O. Box 45475 - 00100 GPO Nairobi, Kenya Nairobi

Tel :

+254 20 49 17 000

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Mis à jour le 5 Octobre 2017
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  • Documentaire sur le projet

    AF Kenya